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Forêt Wallonne n° 110 (janvier/février 2011)

coverFW110Analyse de l'adéquation actuelle et future des arbres à leur station en forêt de Soignes bruxelloise

Julien Daise, Stéphane Vanwijnsberghe, Hugues Claessens

Cet article se focalise sur l'adéquation des essences à leur milieu en forêt de Soignes, en particulier le hêtre et le chêne, pour tenter de la projeter à la fin du XXIe siècle, et intégrer dans la gestion forestière la nouvelle donne que sont les changements climatiques.

La méthodologie utilisée pour évaluer l'impact des changements climatiques sur les essences de la forêt de Soignes est un catalogue des stations dont l'échelle de perception est celle du forestier de terrain. Ce catalogue va permettre d'identifier l'adéquation actuelle et future.

Dans un premier temps, pour élaborer ce catalogue, la forêt de Soignes a été découpée en entités écologiques homogènes (pré-catalogue). Des informations plus précises ont ensuite été récoltées sur le terrain, d'un point de vue trophique, hydrique, compaction du sol. L’analyse de ce pré-catalogue et des informations de terrain a permis de définir dix-huit types de station distincts pour la forêt de Soignes, et l'adéquation actuelle des essences aux types de station.

Pour l'impact des changements climatiques sur l'adéquation essence-station, le scénario A1B du GIEC, ni alarmiste ni optimiste, a été retenu : réchauffement de 3 °C (4 °C de juin à août), plus de pluie en hiver, moins en été. Combinaison particulièrement défavorable à la végétation (moins d'eau quand l'arbre en a le plus besoin).

Dans ces conditions, le climat de la forêt de Soignes se rapprocherait de celui du sud de la Loire, zone climatique dominée par les chênes où le hêtre est exceptionnel… [B.C.]

Daise J., Vanwijnsberghe S., Claessens H. [2011]. Analyse de l’adéquation actuelle et future des arbres à leur station en forêt de Soignes bruxelloise. Forêt Wallonne 110 : 3-21 (19 p., 9 fig., 1 tab., 21 réf.).

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Relation cervidés-végétation forestière : apports des suivis temporels

Vincent Boulanger, Christophe Baltzinger, Sonia Saïd, Jean-Luc Dupouey

Les relations entre cervidés et végétation forestière sont souvent limitées à la notion de dégâts. Leurs effets, jugés négatifs par les forestiers, sont pourtant des éléments très structurants pour la végétation du sous-bois et pour l'ensemble des espèces associées. Ils assurent de manière très claire un rôle de régulation du développement des arbustes et des espèces sociales, permettant le maintien de certaines espèces qui sinon disparaîtraient par manque de lumière.

Ils s'imposent comme des ingénieurs écologiques « organismes qui, directement ou indirectement, modulent la disponibilité en ressources pour d'autres espèces ».

Si l'absence de cervidés peut conduire à terme les écosystèmes vers des états dysfonctionnels, leur trop forte abondance peut compromettre la pérennité de l'état forestier. Il s'agit donc de tendre vers un équilibre raisonnable entre les bénéfices écologiques que procurent les populations de cervidés et les pertes économiques qu'elles peuvent engendrer. [B.C.]

Boulanger V., Baltzinger C., Saïd S., Dupouey J.-L. [2011]. Relations cervidés-végétation forestière : apports des suivis temporels. Forêt Wallonne 110 : 22-32 (11 p., 7 fig., 8 réf.).

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La production de bois de qualité en bouleau verruqueux : opportunités et limites sylvicoles. Partie 1 : croissance en hauteur et élagage naturel

Sebastian Hein, Dietmar Winterhalter, Georg Josef Wilhelm, Ulrich Kohnle

Entre 2005 et 2008, un projet a été élaboré à l'Institut de recherche forestière du Bade-Wurtemberg. Il s'agissait de quantifier certaines données telles que les rapports entre les dimensions des arbres, les temps de production et les objectifs qualitatifs afin d'en déduire des aides à la décision pour la sylviculture du bouleau.

Les mesures utilisées dans l'étude concernent 514 bouleaux, isolés ou en groupe, provenant de 49 placettes. Ces 514 bouleaux couvrent une large plage de dimensions et de vitesses de croissance.

En ce qui concerne la hauteur…

L'évolution de la croissance en hauteur du bouleau est typique d'une essence pionnière. Elle culmine tôt (moins de 15 ans) et se réduit déjà fortement à partir d'un stade précoce (20 à 30 ans). Par rapport au hêtre, la croissance en hauteur est nettement supérieure jusqu'à environ 40 ans. Ensuite, il est distancé. Avec le frêne, leur croissance respective évolue parallèlement jusqu'à 30 à 40 ans. Ensuite le frêne dépasse le bouleau. Ces indications sont importantes pour la conduite du bouleau en peuplement mélangé.

En ce qui concerne l'élagage naturel…

La base du houppier est caractérisée en fonction de la hauteur de l'arbre, du diamètre à 1,30 m de hauteur (D130) et de l'âge.

Plus la hauteur de l'arbre est importante, plus la base du houppier est haute ; l'augmentation de la hauteur de la base du houppier diminue quand D130 augmente.

Les branches basses du bouleau dépérissent rapidement mais leur chute est tardive. Pour les jeunes stades (hauteur de l'arbre d'environ 10 mètres), la zone de branches mortes représente 78 % de la hauteur du fût. L'élagage des premières branches vivantes est donc indiqué. Et doit être précoce afin d'éviter la coupe de branches de plus de 2 cm de diamètre. [B.C.]

Hein S., Winterhalter D., Wilhelm G. J., Kohnle U. [2011]. La production de bois de qualité en bouleau verruqueux : opportunités et limites sylvicoles. Partie 1 : croissance en hauteur et élagage naturel. Forêt Wallonne 110 : 33-42 (10 p., 4 fig., 2 tab., 74 réf.).

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La production de bois de qualité en bouleau verruqueux : opportunités et limites sylvicoles. Partie 2 : croissance en diamètre, largeur du houpier, coloration du bois et conséquences sylvicoles

Sebastian Hein, Dietmar Winterhalter, Georg Josef Wilhelm, Ulrich Kohnle

En ce qui concerne la croissance radiale…

Le rapport entre la largeur du houppier, le diamètre du tronc et l'âge de l'arbre permet de déduire le nombre d'arbres d'avenir à désigner pour un certain diamètre cible, ainsi que les vitesses de croissance radiale. Avec une croissance radiale de 4 à 5 mm/an, à raison de 95 à 120 arbres d'avenir par hectare, il serait possible d'obtenir du bois de qualité sans branches avec un diamètre cible de 45 à 50 cm dans des délais de production de 50 à 55 ans.

En ce qui concerne la coloration du bois…

Beaucoup d'incertitude concernant la coloration du bois. L'étude montre qu'elle serait liée à l'âge de l'arbre mais l'échantillon étant réduit, le modèle quantitatif ne peut avoir qu'un caractère provisoire. Il en résulte tout de même que les délais de production choisis ne doivent pas être trop longs.

En ce qui concerne les conséquences sylvicoles…

Le production de bois de qualité en bouleau est soumise à des restrictions :

  • des diamètres cibles supérieurs à 50 cm ne peuvent être recommandés ;
  • 90 à 120 arbres d'avenir sont possibles par hectare. Dans les peuplements mélangés, le nombre d'arbres d'avenir serait à réduire en fonction de la proportion d'essences souhaitées ;
  • diamètre cible de 40-45 cm, en 50-55 ans, avec une croissance radiale de 4 mm/an et un indice de fertilité correspondant à une hauteur de 24 mètres à l'âge de 60 ans ;
  • un travail d'élagage sera nécessaire (chute tardive des branches mortes). [B.C.]

Hein S., Winterhalter D., Wilhelm G. J., Kohnle U. [2011]. La production de bois de qualité en bouleau verruqueux : opportunités et limites sylvicoles. Partie 2 : croissance en diamètre, largeur du houppier, coloration du bois et conséquences sylvicoles. Forêt Wallonne 110 : 43-52 (10 p., 9 fig., 74 réf.).

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L'Observatoire wallon de la santé des forêts

Laurence Delahaye, Marc Herman

2011, année internationale des forêts, sera l'année de mise en œuvre d'un Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF). La mise sur pied de l'OWSF répond à l'objectif de la déclaration de politique régionale 2009 de mise en œuvre d'un mécanisme de veille et d'alerte en matière de santé des forêts afin de développer et de préserver le patrimoine naturel. L’Observatoire doit permettre de répondre aux besoins d'évaluation et de surveillance phytosanitaires des forêts wallonnes.

Quatre missions lui sont dévolues :

  • produire un bilan périodique de la santé de nos peuplements forestiers ;
  • maintenir à jour les données relatives au développement d'insectes pathogènes et de maladies ;
  • participer à l'élaboration de cartes de risques biotiques et abiotiques sur base de l'état de vulnérabilité des essences forestières et des stations ;
  • réunir les connaissances suffisantes pour mettre en œuvre une lutte coordonnée en situation de crise sanitaire.

Les informations, recueillies sur un réseau de placettes d'observation, permettent de mieux comprendre l'évolution de l'état sanitaire des forêts à l'échelle de la placette et de la région. Les modifications du climat, en termes de température et de pluviosité, sont susceptibles d'avoir des conséquences directes sur les parasites et les insectes ravageurs.

La Direction du Milieu Forestier (DMF) du DEMNA assure la coordination d'un réseau de correspondants-observateurs de terrain du DNF, responsable de la récolte des données. La compilation des données est également réalisée par la DMF qui restitue ensuite les informations auprès des gestionnaires forestiers afin d'appliquer des mesures de lutte en cas de crise sanitaire. Les observateurs sont formés grâce aux compétences des partenaires scientifiques. Les réseaux d'observateurs permettront la détection de problèmes locaux ou inattendus tout en assurant une couverture optimale des forêts wallonnes.

La problématique du réchauffement climatique dépassant largement les frontières régionales, l'OWSF s'inscrit également dans une dynamique interrégionale et européenne. [B.C.]

Delahaye L., Herman M. [2011]. L’Observatoire wallon de la santé des forêts. Forêt Wallonne 110 : 53-58 (6 p., 1 fig.).

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