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Forêt Wallonne n° 94 (mai/juin 2008)

ACTES DU COLLOQUE : « GRAND GIBIER : L'URGENCE ? », NAMUR, 20 DÉCEMBRE 2007

 

coverFW94Cervidés et biodiversité

Le grand gibier contribue à la richesse biologique de nos massifs. Cependant, dans certaines conditions, il peut également affecter plus ou moins profondément celle-ci. Ainsi, pour ce qui est des cervidés, on relève des impacts sur :

  • la structure de la végétation (hauteur, densité des tiges et du feuillage) ;
  • la composition spécifique avec une réduction de la richesse spécifique des arbres et leur diversité ;
  • les invertébrés forestiers (compétition directe pour la nourriture, modification des habitats, etc.) ;
  • les micro-mammifères forestiers par la modification de la composition et de la structure de la végétation forestière. Le campagnol roussâtre serait, par exemple, très sensible à la pression d’abroutissement ;
  • les prédateurs des micro-mammifères. Les rapaces (chouette hulotte...), la belette ou encore l’hermine souffrent de la diminution des micro-mammifères liée à des modifications de la structure ;
  • les oiseaux forestiers qui sont particulièrement sensibles à la structure de la végétation forestière mais également à l’altération de la composition spécifique de la végétation, des ressources alimentaires, de la pression de prédation et la perte des nids par piétinement.

Des dispositifs d’enclos-exclos suivis depuis sept ans en Région wallonne on mis en évidence des différences de hauteur très flagrantes chez des espèces comme le sorbier ou le bouleau et de manière moins spectaculaire chez l’érable, le chêne et le hêtre.

Licoppe A. [2008]. Cervidés et biodiversité. Forêt Wallonne 94 : 3-17.

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Certification forestière et équilibre forêt-gibier

Le déséquilibre forêt-gibier pourrait mettre à mal certains objectifs fixés dans le cadre de la certification PEFC en Région wallonne (régénération, biodiversité, produits, diversification...) Les audits internes et externes du PEFC ont émis des avertissements répétés à cet égard. Ils demandent des mesures urgentes de redressement.

L’absence de mesures correctives pourrait constituer une menace pour le maintien de la certification avec les conséquences cruciales qui en découleraient du point de vue économique.

Gérard E. [2008]. Certification forestière et équilibre forêt-gibier. Forêt Wallonne 94 : 18-23.

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Réflexion quant à la pertinence et aux modalités du nourrissage des ongulés sauvages

Le nourrissage est un mode de gestion bien présent en Europe quoique de manière fort diversifiée. Les principales raisons invoquées pour ce nourrissage sont :

  • pour les cervidés : la prévention des dégâts (29 %), l’amélioration du taux de survie (23 %), le maintien d’une densité économique (19 %), le maintien de la condition physique (13 %), la prévention des accidents de la route (10 %), la qualité du trophée (3 %), la fidélisation sur le territoire (3 %) ;
  • pour le sanglier : la prévention des dégâts (52 %), l’amélioration du taux de survie (12 %), le maintien d’une densité économique (12 %), le maintien de la condition physique (6 %), l’appâtage pour le tir (6 %), la qualité du trophée (6 %), la fidélisation sur le territoire (6 %).

Parmi les raisons évoquées, certaines ont fait l’objet de vérifications sur base d’observations objectives ou d’expérimentations scientifiques.

Ainsi, pour les cervidés :

  • l’effet du nourrissage sur le taux de survie est controversé. Celui-ci serait surtout lié aux précipitations et à la température moyenne observées à la fin de l’été et dans le courant de l’automne, périodes durant lesquelles les animaux font leurs réserves ;
  • l’effet sur la masse corporelle n’est pas plus évident. Le nourrissage passe en tous cas après les précipitations hivernales. Pour être efficace, le nourrissage doit être suffisant, bien réparti et bien équilibré. Sans cela, il instaure des compétitions intra-spécifiques néfastes. Mais, a contrario, ce nourrissage de qualité annihile la sélection naturelle ;
  • l’amélioration des trophées serait surtout liée à l’apport minéral de la ration ;
  • l’effet sur la prévention des dégâts n’a pas fait l’objet de suffisamment d’études que pour être démontré.

Et pour le sanglier :

  • l’effet du nourrissage sur l’augmentation des populations est avéré. D’une part, il diminue la mortalité et, d’autre part, augmente le potentiel de reproduction en diminuant l’âge de la maturité sexuelle ;
  • à certaines conditions, le nourrissage aurait un effet dissuasif par rapport aux zones agricoles sensibles (nourrissage quotidien, en traînée, en faible quantité, à une certaines distances des lisières...). Il est déconseillé en milieux pauvres (résineux) et ne fonctionne que pour des densités en équilibre avec la capacité d’accueil de l’habitat ;
  • aucune étude connue des auteurs n’a démontré de diminution de dégâts au prairie du fait du nourrissage.

D’autres problèmes peuvent également surgir avec la pratique du nourrissage :

  • des phénomènes de concentration si le nourrissage se fait sur de faibles surfaces avec des problèmes de piétinement, transfert de maladies et parasites, dégâts à la végétation voisine, etc. ;
  • une altération du comportement sauvage des animaux et une dépendance au nourrissage ;
  • un nourrissage efficace, c’est-à-dire en quantité et qualité suffisante, est très onéreux et pas toujours rentabilisé par la chasse.

Prévot C., Licoppe A. [2008]. Réflexion quant à la pertinence et aux modalités du nourrissage des ongulés sauvages. Forêt Wallonne 94 : 24-34.

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Les sangliers wallons et leur démographie constituent-ils une menace sanitaire réelle pour l’homme et les animaux ?

L’article dresse un portrait de la surveillance sanitaire wallonne et de trois maladies du sanglier parmi les plus significatives.

La maladie d’Aujesky est en progression en Wallonie et mérite que l’on s’y intéresse.

La situation de la peste porcine en Wallonie peut être qualifiée de stable et satisfaisante. Il est cependant indispensable de rester vigilant étant donné les difficultés économiques importantes que peut engendrer la présence de ce virus de par l’application des mesures sanitaires qu’il provoque.

Enfin, concernant la trichinose, l’analyse sérologique réalisée dernièrement situe le taux d’infection comme stable et de l’ordre de quelques pour cent.

Czaplicki G., Dufey J. [2008]. Les sangliers wallons et leur démographie constituent-ils une menace sanitaire réelle pour l’homme et les animaux ? Forêt Wallonne 94 : 35-42.

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La réforme de la législation sur la chasse au Grand-Duché de Luxembourg, avec focalisation sur le nourrissage du gibier

Faisant suite à différents constats (explosion des populations, dégâts, risques sanitaires...), à une enquête auprès d’organismes ainsi qu’à l’audition de nombreux spécialistes, la Chambre des Députés luxembourgeoise a récemment invité le Gouvernement à revoir la Loi sur la chasse. On retrouve dans les souhaits de la Chambre des Députés :

« ... - en interdisant et en sanctionnant toute forme de nourrissage, à l’exception de l’agrainage en petite quantité, strictement réglementé ;
(...) - en établissant des plans de chasse minima et maxima pour les espèces chassables ;
- en donnant au ministre la possibilité de faire organiser une chasse administrative sur certains lots dans le cas exceptionnel où un locataire de chasse ne respecterait pas les plans de chasse et remettrait ainsi en cause les objectifs fixés par la loi... »

Erasmy J.-J., Wolter F., Schley L. [2008]. La réforme de la législation sur la chasse au Grand-Duché de Luxembourg, avec focalisation sur le nourrissage du gibier. Forêt Wallonne 94 : 43-55.

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Dynamique des populations de cerf en Région wallonne

Il semble qu’en Région wallonne, la sous-estimation récurrente des effectifs soit à l’origine de l’augmentation des densités de cerf.

Ainsi, en comparant les chiffres issus des recensements par approche et affût combinés, pour un territoire de 14 000 hectares, à ceux provenant de l’analyse des tableaux de chasse (rétrocalcul des cohortes), on obtient des valeurs très significativement différentes : l’estimation de la population avant naissance par l’analyse des tableaux donne un minimum de 763 animaux alors que les comptages et estimations annonçaient respectivement 364 et 541 animaux.

Sur un autre territoire, un recensement par comptage aérien (caméra infra-rouge) a donné une différence de 20 % par rapport au recensement aux phares qui se déroulait pourtant en milieu essentiellement ouvert.

Enfin, une expérience de capture-marquage-recapture avait mis en évidence une sous-estimation de 50 à 60 % des effectifs avec la méthode par affût et approche combinés.

Bertouille S. [2008]. Dynamique des populations de cerf en Région wallonne. Forêt Wallonne 94 : 56-66.

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Prix des bois : printemps-été 2008

FNEF [2008]. Prix des bois : printemps-été 2008. Forêt Wallonne 94 : 67-68.

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