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Forêt Wallonne n° 92 (janvier/février 2008)

ACTES DU COLLOQUE : « LES NOUVEAUX ENJEUX DE LA GESTION DE LA FAUNE SAUVAGE », WÉPION, 25 JANVIER 2008

 

coverFW92Les nouveaux enjeux de la gestion de la faune sauvage

Licoppe A., Casaer J. [2008]. Les nouveaux enjeux de la gestion de la faune sauvage. Forêt Wallonne 92 : 3-5.

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Comment le prélèvement qualitatif du sanglier peut influencer sa démographie ?

La gestion du sanglier actuellement appliquée dans la plupart des pays européens montre qu’elle ne peut pas limiter la progression des effectifs de populations. Une des raisons est que les gestionnaires ne disposent pas d’estimations fiables des paramètres démographiques comme la survie ou la fécondité. Ils ne peuvent donc pas définir, a posteriori, de règles de prélèvement à réaliser selon les objectifs qu’ils se sont fixés.

L’équipe de recherche dont fait partie l’auteur de l’article, a donc entrepris d’analyser et de modéliser la dynamique d’une population exploitée de sangliers, de manière à obtenir des paramètres « de sortie » pouvant être comparés à des données de terrain recueillies par la majorité des gestionnaires : le poids et le sexe de l’individu.

Le taux d’accroissement, calculé à partir de ce modèle, est en accord avec celui calculé à partir des variations inter-annuelles du tableau de chasse national français (1,075 vs 1,088). De là, ont été établies des stratégies de gestion basées sur trois catégories de poids de femelles (< 30 kg vidés ; 30-50 kg vidés ; > 50 kg vidés) pouvant conduire à la stabilisation du taux d’accroissement. Parmi les diverses possibilités, deux, assez opposées, peuvent être illustrées clairement :
1. Soit la pression de chasse s’exerce sur les femelles légères (poids inférieur à 30 kg vidés) et dans ce cas le prélèvement doit être intensifié pour passer de 43 à 82 % des animaux présents dans la population sachant que le prélèvement sur les deux autres catégories de laies doit aussi être de 43 %.
2. Soit l’effort s’exerce sur les femelles de poids moyen (entre 30 et 50 kg vidés) ou sur les grosses femelles (poids supérieur à 50 kg vidés) ce qui impliquera une intensification modérée de l’effort de prélèvement, c’est-à-dire de 43 à 51 % (laies moyennes) ou de 43 à 54 % (grosses laies) des individus de la population. Là encore, il faudrait continuer à prélever 43 % des deux autres catégories de femelles. Dans la mesure où il paraît assez difficile de prélever plus de 80 % des femelles de moins de 30 kg présentes dans la population, un effort sur le prélèvement des laies plus lourdes semble être la solution à préconiser pour réussir à stabiliser les effectifs des populations de sangliers. Dans tous les cas, quelle que soit la solution de gestion choisie, l’effort de chasse doit être à la fois qualitatif et quantitatif.

Servanty S., Gaillard J.-M., Toïgo C., Lebreton J.-D., Baubet E., Klein F., Brandt S. [2008]. Comment le prélèvement qualitatif du sanglier peut influencer sa démographie ? Forêt Wallonne 92 : 6-14.

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L’effet des réserves sur l’occupation de l’espace du sanglier

Dans le contexte de forte expansion démographique du sanglier, les réserves posent un délicat problème de gestion. L’impact de ces zones refuges et l’influence des méthodes de gestion mises en place pour réduire cet « effet réserve » sont ici étudiés grâce au suivi télémétrique et GPS des animaux.

Les résultats montrent qu’il n’existe pas de grandes migrations de sangliers et que le phénomène de « réserve » reste local. Ce qui ne va néanmoins pas sans poser une série de problèmes : en se concentrant ainsi dans la réserve le jour, les animaux se retrouvent en situation de sévère compétition alimentaire lors de la phase de nourrissage nocturne. Une redistribution des sangliers est alors observée la nuit venue autour de la réserve. Ces résultats révèlent donc une occupation de l’espace typique des sangliers autour d’une réserve.

Pour limiter la concentration des animaux dans la zone de quiétude, des battues de décantonnement sont effectuées les veilles de jours de chasse. Le jour même, après l’action de décantonnement, 70 % des animaux se baugent à l’extérieur de la zone de battue. Cette proportion décroît ensuite jusqu’à 20-30 % au delà du huitième jour. Ces résultats montrent donc qu’il faut les répéter un certain nombre de fois au cours de la saison de chasse.

L’efficacité des battues de décantonnement pour réduire cet effet réserve montre qu’il existe des solutions raisonnées pour résoudre cette problématique. Le juste équilibre entre l’absence totale de dérangement et la chasse intensive doit alors être trouvé afin d’éviter la surdensité de sangliers tout en préservant une relative quiétude sur le site.

Tolon V., Baubet E. [2008]. L’effet des réserves sur l’occupation de l’espace du sanglier. Forêt Wallonne 92 : 15-25.

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Le nourrissage du sanglier permet-il de réduire les dégâts agricoles ?

Dans cette étude, 1 200 contenus stomacaux et 740 tractus reproducteurs femelles de sangliers tirés au Grand-duché de Luxembourg pendant 27 mois consécutifs (2003-2006) ont été analysés.

70 % des estomacs analysés contenaient de la nourriture issue d’agrainage, correspondant à 40 % du volume total analysé. Ces résultats permettent de montrer que les sangliers avaient accès au nourrissage, surtout du maïs en grains, pendant toute l’année.

L’analyse temporelle permet de montrer que la quantité de maïs consommée dépend de la disponibilité d’autres aliments et de la préférence des sangliers vis-à vis de ceux-ci, les sangliers préférant le maïs en lait (disponible en culture) au maïs sec. Ceci met en question l’efficacité de l’agrainage dissuasif, d’autant plus qu’un agrainage massif et pendant toute l’année constitue un apport riche en énergie, même en temps de disette naturelle.

L’analyse des tractus reproducteurs a montré que des femelles peuvent se reproduire avant l’âge de 6 mois. Et malgré que l’échantillon soit constitué surtout de femelles de moins de 2 ans, la taille moyenne de portée était de 5,3.

Même si l’augmentation de la population de sangliers est sûrement due à de nombreux facteurs, il est probable que l’apport massif et continu de nourriture y contribue.

Cellina S. [2008]. Le nourrissage du sanglier permet-il de réduire les dégâts agricoles ? Forêt Wallonne 92 : 26-31.

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Impact des changements climatiques sur certaines maladies qui circulent dans la faune sauvage

Les changements climatiques futurs auront sans aucun doute des répercussions, directes et indirectes, sur la santé des hommes et des animaux. Mais le climat n’est pas le seul élément susceptible d’influencer l’épidémiologie d’une maladie, les facteurs anthropogéniques (déforestation, voyages intercontinentaux, habitudes de vie…) sont d’une importance majeure. Il n’est pas légitime, à l’heure actuelle, d’envisager des scénarios précis.

Tout au plus peut-on passer en revue quelques agents pathogènes plus susceptibles que d’autres d’être partiellement affectés par des modifications climatiques. Il s’agit principalement de maladies transmises par des arthropodes (insectes et tiques), de maladies transmises par des rongeurs et de maladies liées à l’eau.

Ainsi, l’auteur montre que pour la Borréliose de Lyme, par exemple, les changements climatiques pourraient faciliter son extension vers de plus hautes latitudes et altitudes, contribuer à de plus longues périodes de transmission de la maladie dans certaines régions, mais également diminuer les risques de Borréliose dans les régions qui connaîtront des périodes de sécheresse répétées.

Linden A. [2008]. Impact des changements climatiques sur certaines maladies qui circulent dans la faune sauvage. Forêt Wallonne 92 : 32-37.

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Utilisation, sélection et partage des ressources par le cerf et le chevreuil

À l’heure actuelle, la nécessité de gérer conjointement les populations de cervidés et leurs habitats ne fait plus débat, c’est la notion d’équilibre sylvo-cynégétique. Trois étapes sont essentielles à l’atteinte d’un tel équilibre : (1) cibler un état d’équilibre cohérent avec les objectifs de gestion, (2) situer l’état actuel par rapport à l’état d’équilibre ciblé et (3) décider d’actions à mener pour atteindre l’équilibre ciblé et le maintenir à long terme.

L’étude de la dynamique des populations et des relations entre ces populations et le milieu dans lequel elles évoluent est indispensable, car elle permet de décider, en connaissance de cause, des actions à mener et de proposer des méthodes de gestion efficaces pour mener ces actions.

Les résultats présentés ici sont issus d’une étude menée sur l’utilisation, la sélection et le partage des ressources par le cerf et le chevreuil dans la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage de La Petite-Pierre (Bas-Rhin, France). Des différences importantes de superficie du domaine vital ont été mises en évidence (150 à 350 hectares pour les biches, 15 à 35 hectares pour les chevrettes) ainsi que de régime alimentaire (qui se distinguent essentiellement par la consommation de graminées par le cerf et de ronce par le chevreuil). Ces différences peuvent être interprétées en termes de différence de masse corporelle entre les deux espèces.

Étape suivante : ces résultats permettent de proposer des méthodes de gestion intégrée visant, à l’échelle du massif forestier, l’augmentation et la régularisation dans le temps de la capacité d’accueil du milieu et, à l’échelle de l’unité de régénération, la réduction de la sensibilité des semis naturels ou artificiels aux dégâts d’abroutissement.

Storms D., Hamann J.-L., Klein F. [2008]. Utilisation, sélection et partage des ressources par le cerf et le chevreuil. Forêt Wallonne 92 : 38-46.

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La structure de la population influence-t-elle la reproduction chez le cerf ?

Dans une population de cerfs, un rapport des sexes déséquilibré en faveur des femelles et/ou un déficit en mâles adultes n’affectent en général pas le taux de fécondité des femelles adultes. Mais il peut influencer le succès reproducteur individuel des cerfs mâles, la précocité et la synchronisation des dates des naissances et, par là, modifier la dynamique de la population.

Cette étude, toujours en cours, et menée sur le massif forestier de Saint-Hubert (Belgique), porte sur :

  • les taux de fertilité et de fécondité des femelles ;
  • la participation des mâles à la reproduction ;
  • les dates et l’étalement des naissances ainsi que les effets de l’âge et de la condition physique des femelles, ainsi que de l’âge des mâles sur les dates de conception. La participation des pères à la reproduction est déterminée à partir de tests de paternité effectués sur les embryons récoltés durant la saison de chasse. De cette manière, les mères sont connues avec certitude. Le profil génétique des candidats pères, âgés de 4 ans et plus est réalisé à partir d’ADN extrait des mues, celui des animaux plus jeunes est effectué à partir d’un bout de muscle prélevé sur les cerfs tirés à la chasse.

Après deux années de prélèvement, les pères de soixante-huit embryons ont pu être déterminés avec précision. Deux cerfs mâles sont pères au moins trois fois, sept mâles sont pères au moins deux fois et les quarante-huit autres embryons ont tous des pères différents. L’âge des pères varie de 4 à 12 ans. Les dates de naissance sont estimées à partir de mesures réalisées sur les embryons. Elles s’échelonnent du 27 avril au 5 juin et sont corroborées par les observations directes de faons nouveau-nés en forêt.

Ces premiers résultats suggèrent d’ores et déjà que la reproduction n’est pas l’affaire de quelques mâles dominants, que la majorité des naissances a lieu durant le mois de mai, mais que la moitié se trouve concentrée sur une dizaine de jours.

Bertouille S., Flamand M.-C., Tavier G., Moës P., Robe D. [2008]. La structure de la population influence-t-elle la reproduction chez le cerf ? Forêt Wallonne 92 : 47-58.

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