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Forêt Wallonne n° 88 (mai/juin 2007)

coverFW88Peut-on se prémunir contre le dépérissement du chêne ?

Manion distingue trois familles de facteurs s’enchaînant dans une spirale qui conduit progressivement l’arbre vers la mort : les facteurs prédisposants (génétique, sylviculture, station, âge…), les facteurs incitants (climat, pollution, parasite…) et les facteurs contribuants (insectes, champignon, maladie…). Pour le sylviculteur, les facteurs prédisposants sont les plus importants car c’est sur eux qu’il a la possibilité d’agir pour cultiver ses chênes et les prémunir contre les facteurs incitants et contribuants.

L’étude a porté sur 230 arbres dominants ( 113 sessiles et 117 pédonculés) répartis au sein de 68 placettes situées en Condroz et en Ardenne. L’analyse a consisté à mettre en relation, par la voie statistique, la cote de dépérissement avec de nombreuses variables écologiques et sylvicoles, sur trois jeux de données : l’ensemble des deux chênes (230 arbres), les pédonculés (117 arbres) et les sessiles (113 arbres). On en retire deux enseignements principaux. Le premier est que la moitié de la variabilité du niveau de dépérissement est expliquée à partir des facteurs prédisposants pris en compte, laissant le reste de la variabilité aux facteurs non pris en compte. Le second enseignement est que les variables stationnelles sont les plus explicatives tandis que les variables sylvicoles sont en relation peu nette avec le niveau de dépérissement.

Les variables stationnelles interagissent souvent entre elles. L’étude a porté sur le bilan hydrique (humidité), le bilan trophique (humus) et l’altitude. Les résultats sont éloquents :

  • le niveau de dépérissement est plus élevé en altitude ;
  • le dépérissement est moins marqué dans les sols bien frais en permanence ;
  • le niveau de dépérissement (surtout pour le chêne sessile) diminue des sols pauvres vers les sols à bonne fertilité chimique.

En moyenne, le dépérissement du chêne est faible sur les stations qui correspondent à son aptitude sylvicole optimale et est le plus élevé dans les stations dont il devrait être exclu.

L’influence des variables sylvicoles est quant à elle moins nette :

  • les chênes semblent moins atteints en peuplement mélangé ;
  • les chênes semblent plus dépérissants en peuplement dense ;
  • les arbres dominants semblent les moins dépérissants.

Ces résultats, peu marqués, s’accordent néanmoins avec d’autres arguments en faveur de l’application d’une sylviculture plus dynamique, avec des densités de peuplement peu élevées et des éclaircies limitant la concurrence.

En conclusion, l’analyse confirme clairement l’importance de deux facteurs prédisposant le chêne au dépérissement et sur lesquels les actions du sylviculteur peuvent avoir de l’influence : l’adéquation essence-station et, dans une moindre mesure, la sylviculture.

Gillet A., Morelle K., Claessens H. [2007]. Peut-on se prémunir contre le dépérissement du chêne ? Forêt Wallonne 88 : 3-12.

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Le bois-énergie. Les propriétaires forestiers privés et communaux prêts à mobiliser leurs ressources

Le Conseil de l’Europe a approuvé les propositions de la Commission européenne de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 en augmentant à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique européenne.

Dans ce domaine, la biomasse forestière a une place prépondérante, mais les quantités sont-elles mobilisables ? sous quelles conditions ? seront-elles suffisantes pour subvenir à nos besoins en matière d’énergie ?L’action EUROFORENET (réseau européen forêt-énergie) s’inscrit dans ces perspectives 2020 et a pour objectif le développement de filières locales forêt-énergie, dont l’approvisionnement repose sur les ressources forestières gérées durablement par les propriétaires privés et communaux.

L’intérêt du propriétaire est de vendre son bois-énergie au meilleur prix. Les produits bois-énergie qu’il peut sortir directement de sa forêt sont la bûche et la plaquette forestière. Pour la production de cette dernière, des modifications dans les modes actuels d’exploitation sont nécessaires : faciliter l’accessibilité et la transformation in situ, avoir une demande présente, trouver de nouveaux débouchés.

Pour la FECOF (Fédération Européenne des Communes Forestières), les communes forestières doivent jouer un rôle d’initiateur vis-à-vis des autres acteurs de terrain et des citoyens. Elles possèdent deux atouts pour le faire. Le premier est qu’elles agissent sur des superficies importantes. Cette maîtrise des ressources et le meilleur contrôle des flux de bois qui en découle, leur permettent de créer des stocks ou d’assurer la revente directe. Leur second atout est leur capacité d’informer, de communiquer et de mobiliser l’ensemble des acteurs, publics ou privés, autour de tels projets bois-énergie. L’objectif est aussi d’échanger les bonnes pratiques en termes de développement durable et de faire circuler les informations auprès des acteurs locaux et des citoyens. Il faut accroître la mobilisation du bois, garante de la viabilité économique des exploitations et condition d’une gestion durable. Tant la mobilisation des ressources que des acteurs professionnels sont nécessaires au développement durable des régions concernées et permettent d’accroître les quantités de bois-énergie sur le marché. Celles-ci doivent cependant rester complémentaires aux utilisations plus classiques du bois (construction, papier, etc.).

Zingari P. C., Budniok M.-A., du Parc R. [2007]. Le bois-énergie. Les propriétaires forestiers privés et communaux prêts à mobiliser leurs ressources. Forêt Wallonne 88 : 13-18.

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Contrôles et garanties : la filière planche

Deux points de vue sont à prendre en considération. Celui de l’utilisateur en général et celui des acteurs de la filière bois. La forêt, le bois et le produit bois inspirent craintes et questions chez l’utilisateur. Les acteurs de la filière bois en sont parfaitement conscients. Dès lors, ils veulent fournir des garanties aux utilisateurs et prendre des initiatives en matière de certifications, classements, agréments techniques et contrôles qui en découlent.

Les utilisateurs s’interrogent sur trois grands thèmes : l’origine du bois et la gestion forestière (prélever du bois, donc en utiliser, n’est-ce pas préjudiciable pour la santé de notre planète ?) ; les caractéristiques et les performances du matériau bois (quel type de bois pour quoi faire ?) et enfin la mise en œuvre du matériau (comment l’utilise-t-on ?).

À ces trois grandes questions du consommateur la filière bois apporte des réponses.

Quant à l’origine du bois et la gestion forestière, on peut résumer la crainte du consommateur comme ceci : le choix du bois ne fait-il pas de moi un complice de la déforestation à l’échelle mondiale? La filière nuance sa réponse. La question est non fondée pour les forêts tempérées car leur superficie s’accroît continuellement grâce à des outils comme le code forestier, les plans d’aménagement, les programmes de formation… En revanche, elle est fondée pour les forêts tropicales, bien que le commerce du bois ne puisse être véritablement considéré comme un moteur de déforestation, tel que la pression démographique par exemple. Ce sont les abus commis qui sont dangereux et c’est pourquoi le concept de certification forestière (PEFC, FSC) fut créé, suite au sommet de Rio. La certification est un outil précieux qui ne met malheureusement pas à l’abri du vol. Il faut donc veiller à purger le marché du bois exploité illégalement, surveiller la légalité des importations et réglementer le commerce des espèces menacées d’extinction.

Quant aux caractéristiques et performances, le bois n’est pas un matériau produit, comme le béton ou le verre. Quelles garanties le consommateur a donc que le bois choisi convient pour l’usage auquel il le réserve? Et pour quelles performances ? Là encore la filière s’est dotée d’une très large gamme d’outils. Des normes, le marquage CE à l’échelle européenne ou l’Eurocode 5 qui définit les règles de conception et de calcul des structures en bois.

Quant à la mise en œuvre du matériau, il faut des qualifications particulières. Quelles garanties le consommateur a-t-il que l’homme de métier à qui il a confié l’exécution de l’ouvrage dispose bien de ces qualifications ? La filière s’appuie sur le caractère normatif du point précédent, mais insiste sur l’offre des formations qui s’enrichit dans le domaine de la construction bois, ainsi la formation continue, et conclut que la meilleure garantie d’une bonne mise en œuvre reste un cahier des charges de qualité, adapté à l’ouvrage et qui s’appuie sur toutes les références existantes.

Defays E., Jourez B. [2007]. Contrôles et garanties : la filière planche. Forêt Wallonne 88 : 19-27.

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Les performances de quelques GPS portables en milieu forestier

L’outil GPS (Global Positioning System) est utile aux forestiers à des fins de cartographie, de recensement ou de recherche sur le terrain d’éléments dont on connaît la position. Mais la canopée ou des conditions topographiques défavorables peuvent perturber leur bon fonctionnement. Cinq GPS de différents modèles ont donc été testés sur le terrain.

Il existe trois grandes catégories de GPS : les GPS de topographie, les GPS de cartographie et les GPS de randonnée (ou grand public). L’article présente les résultats d’un test comparatif portant sur cinq récepteurs GPS relevant des catégories cartographie et grand public. Le point commun de ces récepteurs est qu’ils sont compacts et légers.

Le dispositif d’essai est constitué d’un parcours de référence situé pour partie sous le couvert d’un taillis sous futaie à réserve de chêne très dense et pour partie dans une jeune plantation de chêne. Deux modes de fonctionnement ont été utilisés : le waypoint (enregistrement de la position d’un point en gardant le récepteur immobile) et le mode trace (acquisition instantanée de positions alors que le récepteur est en mouvement). Les tests ont été effectués deux jours, durant les mêmes tranches horaires, dans des conditions comparables en termes de disposition de satellites. Le parcours a été répété entre vingt-six et trente-trois fois.

Il ressort de cette étude différentes conclusions parmi d’autres :

  • les GPS de type cartographique sont plus précis que ceux de type randonnée, mais ils sont plus chers et plus complexes à utiliser ;
  • les GPS de type randonnée, simples et intuitifs, présentent des fonctionnalités informatiques post-traitement peu ou pas développées. Cette lacune est néanmoins comblée par l’existence d’applications informatiques, développées par les utilisateurs, accessibles gratuitement sur internet ;
  • les GPS de type randonnée ont une capacité de mémoire limitée.

La conclusion est que cette technologie est en constante évolution, que le choix doit s’effectuer selon les besoins et que le recours à l’outil GPS est un prolongement logique dans l’utilisation d’outils de cartographie informatisés.

Lejeune P., Rondeux J. [2007]. Les performances de quelques GPS portables en milieu forestier. Forêt Wallonne 88 : 28-36.

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Quels contrats pour une forêt au service de l’eau ? Quelques enseignements du projet LIFE Forests for Water

En France, la problématique est la suivante : la gestion forestière, entièrement financée par le bois, est à bout de souffle dans de nombreuses régions et ne parvient plus à financer certaines fonctions de protection, comme celle de l’eau. Dans ce cas précis, il convient de passer un contrat de service entre la forêt et l’eau en évaluant cinq conditions :
1. Identifier le service rendu : le service rendu à l’eau par la forêt est clair sous trois aspects : préservation de la qualité de l’eau, conservation des milieux aquatiques et prévention des risques naturels.
2. Identifier les bénéficiaires solvables : à qui profite le service rendu par la forêt ? Et qui va payer ? L’usager direct (public concerné) ou le contribuable en général (société) ?
3. Identifier le coût du service : protéger l’eau pour éviter de la traiter… Indemnise-t-on les prestataires forestiers pour service rendu à hauteur du coût de protection (coût des précautions de gestion prises en amont) ou du coût évité (coût du traitement de l’eau) ? En gros, considère-t-on le « produit eau » ou impute-t-on sa gestion au « produit bois » ?
4. Identifier les prestataires : qui va supporter les coûts des services ? Et comment surmonter la question de l’émiettement de la propriété privée qui représente les trois quarts de la forêt française ?
5. Passer un contrat entre bénéficiaires et prestatairesIndemniser le prestataire et faire contribuer le bénéficiaire par une analyse du rapport coût/efficacité des différents types d’actions proposés.

La contractualisation des services rendus à l’eau par la forêt repose sur de véritables choix de société. Choix économiques (l’eau moins chère), écologiques (préservation et prévention en amont) et choix politiques (dialogues avec les citoyens, les propriétaires).

Ferry O. [2007]. Quels contrats pour une forêt au service de l’eau ? Quelques enseignements du projet LIFE Forests for Water. Forêt Wallonne 88 : 37-47.

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Le suivi des populations de muscardin en Région wallonne. Opération : « la chasse aux noisettes »

Le muscardin fait partie de la famille des Gliridés et jouit d’une protection intégrale en Région wallonne. Ce micromammifères (6 à 9 cm) est nocturne et difficile à observer. Typique des forêts feuillues, il apprécie particulièrement les lisières forestières bien denses et se rencontre principalement au sud du sillon Sambre et Meuse.

En Région wallonne, nous disposons pour le moment de données trop disparates pour connaître sa distribution actualisée et savoir si cette espèce est stable, en expansion ou en régression. Pour la protéger si nécessaire, un recensement s’avérait utile. Son activité nocturne compliquant l’observation directe, deux méthodes d’étude indirecte ont été choisies par l’équipe « Mammifères » de l’Université de Liège. La première méthode consiste en la pose de deux cents nichoirs à mésange : en effet le muscardin n’hésite pas à occuper ce type de logement et son nid en boule est facilement identifiable. Les nichoirs ont été posés sur deux types de site : dans des zones où le muscardin a déjà été observé antérieurement et dans des zones où il n’a pas encore été observé mais qui pourraient potentiellement lui convenir.

Le seconde méthode est la récolte et l’identification des noisettes rongées. Grand amateur de fruit sec, le muscardin décortique les noisettes directement sur le buisson d’une façon qui lui est spécifique : il pratique un trou circulaire et lisse sur le bord intérieur. Les observations nécessitent donc peu de travail : il s’agit de rechercher au pied d’un beau noisetier choisi judicieusement (lisière forestière par exemple) les noisettes rongées.

Pour élargir la recherche le plus possible, un appel à participer à l’opération de « chasse aux noisettes » est d’ailleurs lancé aux écoles, aux mouvements de jeunesse, ainsi qu’aux différents partenaires d’éducation à l’environnement.

Schockert V., Van der Linden S., Le Proux de la Rivière B., Libois R. [2007]. Le suivi des populations de muscardin en Région wallonne. Opération : « la chasse aux noisettes ». Forêt Wallonne 88 : 48-53.

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