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Forêt Wallonne n° 72 (septembre/octobre 2004)

coverFW72Une alternative plus écologique pour la remise en état des chemins forestiers

Rénover un chemin forestier rapidement et sans importer de nouveaux matériaux, voilà ce que propose cette méthode. Sa mise en application est assez simple mais nécessite un matériel approprié :

  • éclatement de la bande roulante endommagée à l’aide d’un chisel ;
  • broyage du matériau pour obtenir la granulométrie souhaitée ;
  • profilage à l’aide d’une lame niveleuse ;
  • compactage au moyen d’une plaque vibrante.

Les points remarquables de cette méthode sont écologiques et économiques :

  • la limitation des intrants en forêt ;
  • la limitation des dégâts sur la voirie existante dus aux transports de matériaux lourds ;
  • un coût fortement réduit ;
  • la possibilité de travailler sur des pentes importantes ;
  • une vitesse de travail plus grande.

Un point négatif apparu dans le cadre de la démonstration de terrain rapportée ici, est la fermeture incomplète du revêtement, c’est-à-dire qu’il reste des interstices entre les particules de gros diamètre. De même, la bande roulante apparaissait quelque peu friable. Notons que la voirie de départ était une voirie hydrocarbonée.

Une méthode innovante, non pas miraculeuse mais alternative, avec ses avantages et inconvénients.

Bailly M. [2004]. Une alternative plus écologique pour la remise en état des chemins forestiers. Forêt Wallonne 72 : 3-8.

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Comment estimer la consommation en eau d’une forêt ?

L’arbre n’est pas une mèche inerte entre le sol et l’atmosphère : il est capable de réguler sa consommation en eau. Voilà le thème de cet article qui illustre, à l’aide des résultats d’une thèse de doctorat, les facteurs physiques et biologiques régissant ce phénomène ainsi que quelques-uns des moyens utilisés pour les mesurer.

Le contexte de telles recherches est d’actualité puisqu’il est bien connu que les stress hydriques ont été identifiés comme des facteurs déclenchants de certains dépérissements forestiers et que les scénarios d’évolution climatique tendent à prévoir une augmentation des fréquences des épisodes secs et chauds.

On y apprend que plus de 90 % de l’eau transportée jusqu’aux feuilles y est simplement évaporée avec comme conséquence, non négligeable cependant, de limiter l’échauffement de celles-ci. À l’échelle d’une saison de végétation et d’une forêt entière, c’est 80 % de l’eau qui retourne sous forme de vapeur à l’atmosphère.

Outre les mesures prises, c’est surtout leur utilisation à travers des modèles qui s’avère intéressante. En effet, il est possible, sur base de quelques données climatiques, de prédire (années futures) ou d’expliquer (années antérieures) les variations de la réserve en eau du sol d’un peuplement.

Vincke C. [2004]. Comment estimer la consommation en eau d’une forêt ? Forêt Wallonne 72 : 9-22.

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La sylviculture à l’aube du XXIe siècle. Réflexions et perspectives sur la recherche forestière

À l’occasion de son admission à l’éméritat, Pierre André, Professeur de sylviculture et d’aménagement forestier à l’Université catholique de Louvain expose ses réflexions sur la sylviculture et la recherche forestière à l’aube du XXIe siècle.

Il rappelle la période de doutes qui s’est installée dès le début des années ‘80 avec les phénomènes de pollutions atmosphériques et de dépérissements et, quelques années après, la déforestation, la diversité biologique, la gestion durable, l’effondrement du marché du bois…

S’ensuit une réflexion sur la notion de gestion durable qui n’a peut-être trouvé aujourd’hui qu’une étiquette sur des pratiques largement en cours depuis des siècles.

Il débat de la question de la fonction de production de bois. Va-t-elle être reléguée derrière la gestion de la biodiversité, de l’approche paysagère, du développement des loisirs ? Elle reste, pour lui, prioritaire car la seule à assurer des revenus.

Il expose et développe enfin ses visions de la sylviculture à venir : une sylviculture de concertation, de communication et de découvertes ; une sylviculture fine, en temps réel, à haute technologie et… onéreuse.

« Il ne faut pas se faire d’illusions : ce qui est demandé aujourd’hui par la gestion durable, par Natura 2000, par la multifonctionnalité, exige un effort de réflexion, de recherches, de suivi très important : beaucoup est à découvrir, à inventer et cela va se traduire par un effort financier élevé. »

André P. [2004]. La sylviculture à l’aube du XXIe siècle. Réflexions et perspectives sur la recherche forestière. Forêt Wallonne 72 : 23-35.

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Diagnostic des tremblaies wallonnes

Le Peuplier tremble (Populus tremula) accuse aujourd’hui un recul plus que préoccupant en Wallonie. Au total, les effectifs se seraient réduits de plus de 60 % sur les deux dernières décennies. Un sondage a dès lors été réalisé afin de dresser un état des lieux et envisager des mesures d’enrayement du phénomène. Les principaux résultats sont les suivants :

  • la majorité des tremblaies se trouvent en forêt soumise ;
  • 90 % des tremblaies se situent sur des pentes inférieures à 5 % ;
  • les 2/3 des tremblaies se trouvent à des altitudes inférieures à 340 m, ce qui s’explique principalement par le fait que c’est à ces altitudes que l’on rencontre les plus anciennes formations forestières feuillues ;
  • le tremble présente une grande plasticité à l’égard des conditions d’humus et de sol ;
  • les semis naturels sont à l’origine de la majorité des placettes évaluées.

Un sondage réalisé auprès des agents de l’administration révèle que pour 70 % d’entre eux, le tremble est conservé « à condition qu’il ne gêne pas ». Seuls 20 % le favorisent au détriment d’autres essences. 10 % l’éliminent systématiquement. Enfin, si celui-ci est conservé c’est pour des raisons de maintien de la biodiversité (67 %), culturales (25 %) ou économiques (8 %).

Mertens P., Pauwels A. [2004]. Diagnostic des tremblaies wallonnes. Forêt Wallonne 72 : 36-46.

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Autécologie et spécificités sylvicoles du tremble

La régression du tremble en Région wallonne (60 % des effectifs en 20 ans) est essentiellement due à une connaissance limitée de ses caractéristiques écologiques particulières : essence pionnière et héliophile stricte, le peuplier tremble (Populus tremula) souffre énormément d’une sylviculture largement orientée vers les essences sciaphiles et semi-sciaphiles.

Pourtant il présente d’énormes qualités sous-exploitées :

  • une plasticité très grande ;
  • une capacité de régénération par semis, drageons et recépage fort importante ;
  • une croissance rapide ;
  • il constitue un hôte indispensable au maintien du Petit mars changeant (Apatura ilia), un lépidoptère en voie d’extinction ;
  • des aspects esthétiques et paysagers non négligeables.

Quelques premiers éléments de sylviculture sont exposés :

  • il souffre énormément de la concurrence du sous-étage et de la fermeture des couverts ;
  • l’humidité ou l’accumulation des déchets d’exploitation peuvent constituer un facteur limitatif dans la vigueur des drageons, en agissant sur la régulation thermique du sol ;
  • contrairement à la sylviculture « classique », les caractéristiques clonales et la propagation par drageons des tremblaies impliquent que les clones à régénérer soient exploités en priorité. En effet, la coupe induit l’apparition de nouveaux individus par drageonnement. Il importe donc de laisser les clones à régénérer se développer quelque peu avant de couper les clones non désirés dont les drageons seront défavorisés par le manque de lumière ;
  • la régénération du tremble exigerait de passer par une mise à blanc d’au minimum 0,5 ha.

Mertens P., Pauwels A. [2004]. Autécologie et spécificités sylvicoles du tremble. Forêt Wallonne 72 : 47-57.

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