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Forêt Wallonne n° 112 (mai/juin 2011)

NUMÉRO SPÉCIAL : QUELLE DIVERSITÉ POUR LES SAULES EN WALLONIE ?

coverFW112Quel avenir pour le saule en Wallonie ?

Patrick Mertens, Marc Clignez

Cet article présente les différents thèmes abordés dans ce numéro spécial sur le saule en Wallonie. Après un bref historique, il aborde notamment la reverduration des berges, la concurrence des espèces de saule introduites pour les besoins de l'horticulture ornementale par rapport aux espèces indigènes, ou la notion de phytoremédiation.

Vous y découvrirez également l'étymologie du genre (Salix proviendrait du latin salire qui signifie « jaillir » et se réfère à la rapidité de croissance du saule) et l'origine du nom des différentes espèces de saule. [B.C.]

Mertens P., Clignez M. [2011]. Quel avenir pour le saule en Wallonie ? Forêt Wallonne 112 : 3-6 (4 p.).

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Diversité et détermination des saules en Wallonie

Patrick Mertens, Particia Elsocht, Ferdinant Ramelot, Gaël Stordeur

Il existerait entre 330 et 500 espèces de saules à travers le monde. En Wallonie, deux groupes d'espèces européennes sont bien représentées : le sous-genre Salix et le sous-genre Vetrix.

La diversité biologique des espèces de saule s'amplifie si l'on tient compte des hybrides. En effet, les possibilités d'hybridation sont nombreuses.

Entre 2005 et 2007, des prélèvements de rameaux de saules ont été réalisés le long des cours d'eau de la Vire et du Ton jusqu'à l'Escaut. Ils ont été bouturés en vue d'en faire un parc à clones dans le cadre du projet européen ECOLIRI. Les rameaux ont ensuite été évalués de manière systématique depuis 2009. Le but de la démarche était de pouvoir évaluer la vraie diversité des saules en Wallonie et d'en déduire des mesures de conservation et de multiplication pour les besoins régionaux.

En 2011, un peu moins de 92 % de cette collection de 494 arbres étaient aptes à la multiplication dont 72 % ont pu faire l'objet de prélèvements de rameaux pour la détermination.

Pour chacune des sept espèces de saules qui ont plus de six individus classés avec certitude, une fiche photographique commentée a été constituée pour faciliter les futures déterminations.

La plupart de espèces indigènes de saule de la flore de Wallonie ont été déterminées dans la collection ECOLIRI prélevée le long de cours d'eau non tourbeux et non marécageux. Le sex-ratio est fortement déséquilibré en faveur des arbres femelles, ce qui peut réduire la régénération et empêcher la colonisation de nouveaux habitats propices à leur maintien. [B.C.]

Mertens P., Elsocht P., Ramelot F., Stordeur G. [2011]. Diversité et détermination des saules en Wallonie. Forêt Wallonne 112 : 7-19 (13 p., 2 fig., 4 réf.).

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Diversité des milieux de développement pour les saules indigènes

Patrick Mertens

Les conditions édaphiques les plus favorables à tous les saules correspondent aux sols assez acides à neutres avec un état hydrique allant de l'humide au non-sec. Mais entre les situations optimales et la réalité de terrain, l'adéquation s'observe-t-elle ?

Trois grands types de sol représentent les principaux sols traversés par les cours d'eau de Wallonie : limono-caillouteux à argileux, limono-caillouteux à schisteux et non caillouteux et non argileux. Les longs cours d'eau traversent naturellement plus d'un de ces types de sol.

Les résultats du croisement des données d'inventaires avec le relief et le type de sol peuvent se résumer comme ceci :

  • l'hybride entre Salix alba et Salix fragilis est systématiquement fréquent dans les reliefs les plus représentés. Ce qui met en évidence sa grande capacité colonisatrice dans toute la Wallonie ;
  • un peu moins de la moitié des saules déterminés (45 %) proviennent d'Ardenne, avec les grands types de sol limono-caillouteux à argileux. Les deux espèces de fourrés, Salix caprea et Salix purpurea, constituent la moitié des arbres identifiés avec une préférence de relief fermé pour le premier et de relief semi-ouvert pour le second ;
  • les grands types de sol limono-caillouteux à schisteux sont un peu plus perméables que les types précédents, avec un relief de semi-fermé à fermé. Plus de 80 % des arbres déterminés sont l'hybride entre Salix fragilis et Salix alba ;
  • les espèces déterminées dans les sols non argileux et non caillouteux sont celles des zones typiquement ripicoles pour les conditions non tourbeuses et non marécageuses. Ce sont les saulaies arbustives pionnières typiques. [B.C.]

Mertens P. [2011]. Diversité des milieux de développement pour les saules indigènes. Forêt Wallonne 112 : 20-28 (9 p., 3 fig., 1 tab., 7 réf.).

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Le saule pour maintenir les berges

Francis Lambot

L’article présenté ici propose un tour d’horizon des techniques du génie végétale ainsi que des enjeux liés à la conservation du saule. Ces techniques ont pour but de freiner l’érosion en milieu rivulaire en consolidant et en stabilisant les berges et lit mineur par les racines végétales et en développant la structure et l’effet drainant du sol. Elles préservent aussi le caractère naturel des berges par l’emploi des éléments végétaux et éventuellement d’autres matériaux naturels (bois, pierres…). Tous les sites demandent une analyse particulière de la part du gestionnaire, il faut atteindre les objectifs en combinant les techniques selon l’état du milieu et sur base d’un aménagement raisonné.

Ces techniques sont présentées succinctement et certaines réalisations sont également reprises dans cet article. On peut, par exemple, citer les plantations d’espèces ligneuses en bord de rive, le bouturage, les fascines de saule, les tapis de branches, les peignes ou encore les caissons végétaux.

Les saules indigènes offrent par leur diversité de formes et de milieux de développement, ainsi que par leur aptitude au bouturage, des matériaux locaux adaptés à ces ouvrages vivants. [A.R.]

Lambot F. [2011]. Le saule dans le génie végétal : maintien des berges et talus. Forêt Wallonne 112 : 29-35 (7 p., 3 fig.).

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La phytoremédiation par le saule

Aricia Evlard, Fannay Vanobberghen, Bruno Campanella, Roger Paul

En Wallonie, les sites potentiellement contaminés se comptent par milliers. Parmi les contaminants présents, les plus préoccupants sont certainement les métaux lourds. La phytoremédiation, une technologie nouvelle qui exploite le potentiel des végétaux et de leur microflore associée pour extraire ou stabiliser ces métaux lourds, pourrait remédier à ce problème.

Les métaux lourds sont présents dans tous les compartiments de l'environnement mais généralement en quantité très faible. On dit que les métaux sont présents en traces et on parle d'« éléments en traces métalliques » ou ETM. La biodisponibilité représente la capacité d'un ETM à passer d'un compartiment du sol vers une bactérie, un animal ou un végétal.

Le saule est considéré comme le candidat idéal pour la phytoremédiation grâce à sa capacité à produire une forte biomasse, à son caractère pionnier et à sa tolérance aux conditions environnementales difficiles. Son utilisation en phytoremédiation permettrait d'assainir nos sols de manière naturelle, sans désagréments sonores ou visuels. Ce couvert végétal permettrait également de freiner l'érosion du sol et le lessivage.

Le taillis à très court terme (exploité tous les 3-4 ans) est la technique de production à privilégier car les ETM se concentrent dans l'aubier. Les parties ligneuses, brûlées, pourraient être utilisées comme bioénergie et la combustion devrait être contrôlée pour récupérer les métaux lourds contenus dans les cendres. Ces dernières pourraient être réinjectées dans le cycle de production des métaux ou enfouies dans les centres d'enfouissement technique.

Un cycle de recyclage des métaux lourds via la phytoremédiation est donc envisageable. [B.C.]

Evlard A., Vanobberghen F., Campanella B., Paul R. [2011]. La phytoremédiation par le saule. Forêt Wallonne 112 : 36-46 (11 p., 2 fig., 19 réf.).

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La vannerie et autres utilisations du saule

Françoise Hogge

On appelle osiers les espèces de saules dont les jeunes rameaux sont utilisés en vannerie, en viticulture et en horticulture. Les plantations dédiées à l'osier sont appelées oseraies et sont généralement créées par bouturage.

L'article détaille différentes utilisations des espèces et variétés de saule, du bois utilisé pour fabriquer des manches d'outils à l'écorce aux vertus curatives…

Au début du siècle, on utilisait le saule pour presque tout. Puis le pétrole et ses prix compétitifs ont bouleversé le marché et l'osier a laissé la place au plastique, moins cher. Aujourd'hui, la tendance s'inverse. Vu le prix prohibitif du pétrole, l'attention se porte sur le développement durable. Une nouvelle vie pour nos saules ? [B.C.]

Hogge F. [2011]. La vannerie et les autres utilisations traditionnelles du saule. Forêt Wallonne 112 : 47-50 (4 p.).

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Les saules têtards ont leur mot à dire

Jean-Luc Coppée, Claudy Noiret

Déjà dans les peintures du XVIe siècle, on retrouve des traces d’arbres têtards dans nos paysages. Dès cette époque, les saules ont évolué vers cette forme caractéristique par étêtage et coupes régulières des jeunes repousses qui restent hors de portée de la dent du bétail. Les rameaux de ces saules trouvaient de multiples usages : palissade, bois de chauffe, pharmacopée… alors que les arbres fixaient le sol lors des inondations et marquaient les limites des propriétés et des parcelles. De plus, les forêts étaient plus rares à cette époque et les bosquets et alignements d’arbres fournissaient le matériel ligneux aux habitants.

Le siècle dernier a vu se développer les contraintes de l’agriculture moderne, de plus en plus intensive et exigeante en rentabilité. Cette évolution du monde rural a contribué à la raréfaction des arbres têtards dans nos paysages. En Wallonie, quelques lambeaux de têtes d’osier se rencontrent encore dans le fond des larges vallées des bas plateaux limoneux du Hainaut (Tournaisis, Région des Collines, Pays de Ath, Pays de Soignies, dépression de la Haine, Hainaut méridional, Nord de la Haute Sambre), du Brabant et de la Hesbaye.

Le cortège biologique lié aux arbres de bocages humides est une source de biodiversité. La taille répétée et le vieillissement des arbres, accentué par les champignons lignivores, stimulent leur colonisation par des organismes végétaux, invertébrés et vertébrés, en particulier dans le bois le plus tendre. Au centre d’un paysage banalisé par l’agriculture intensive, ces bocages représentent donc des « bio-cosmes » importants.

Au sein de nos paysages actuels, les arbres têtards ne sont souvent représentés que par des individus vieillissants sur lesquels les coupes ont été abandonnées depuis bien longtemps. Leur houppier a pris de l’ampleur, diminuant ainsi leur attrait pour la faune.

L’abandon des pratiques ancestrales d’étêtage pose donc la question du devenir des arbres têtards. Les gestionnaires actuels peuvent faire évoluer les pratiques en envisageant des parcelles de production ligneuse locale tout en conservant les espèces sans intérêt économique direct dans les zones humides à intérêt biologique. Il est donc urgent de préconiser, en fonction du but à atteindre, non seulement le retour aux pratiques d’étêtage mais aussi la replantation des arbres disparus. [A.R.]

Coppée J.-L., Noiret C. [2011]. Aspects paysagers et de conservation de la nature des saules têtards. Forêt Wallonne 112 : 51-55 (5 p., 6 réf.).

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