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Forêt Wallonne n° 124 (mai/juin 2013)

coverFW124La maladie de l’Aulne en Wallonie :
évolution depuis son émergence

Jennifer Di Prinzio, Anne Chandelier, Frédéric Henrotay, Hugues Claessens

Une étude financée par le Département des Cours d’Eau Non Navigables a été menée en Wallonie à partir de 2002, afin d’observer l’évolution et la virulence de la maladie Phytophtora alni. Ainsi, deux cents placettes ont été mises en place le long des ruisseaux et rivières wallonnes. Afin de déterminer si la maladie se propage aussi à l’écart des cours d’eau et de leurs crues, une quarantaine de placettes forestières d’aulnes ont également été suivies en 2003, 2007 et 2012.

Pour chaque placette, chaque souche et brin de cépées ont été répertoriés et numérotés. Les données récoltées étaient : Le type de nécroses (absence, présence avec ou sans suintement, celui-ci pouvant être actif ou inactif) ; la taille de la nécrose ; la couleur de la nécrose ; la taille des feuilles ; la couleur des feuilles ; et l’état du houppier (normal, clair, très clair, mourant ou mort).

En ce qui concerne l’évolution globale de l’état sanitaire, le taux de mortalité au sein des placettes de cours d’eau est stable et faible sur ces dix dernières années : en moyenne 1,3 % par an. Cependant, ce taux de mortalité est sans doute sous-évalué du fait de la non prise en compte des tiges de diamètres inférieurs à 22 centimètres de circonférence, alors que celles-ci sont justement réputées plus sensibles à la maladie. Le nombre de placettes sur lesquelles au moins un arbre symptomatique a été observé est très important, passant de 60 % en 2002 à 90 % en 2011.Cependant ces valeurs sont moins marquées si l’on ne considère que les arbres à symptômes marqués (nécroses et dépérissements du houppier). Si l’on s’attarde uniquement sur les placettes contenant au moins un aulne nécrosé, signe le plus fiable de la présence de Phytophtora, la progression de la maladie est plus inquiétante car le taux de sites atteints a plus que doublé entre 2002 et 2011, passant de 20 % à 50 %.

En termes de peuplements forestiers, les taux d’aulnaies atteintes sont comparables à ceux des cordons rivulaires. Par contre, la proportion d’arbres à symptômes marqués ou mourants, est environ deux fois moindre. La mortalité reste très faible, nettement inférieure à 1 % des souches (comme pour les cours d’eau, les placettes ne tiennent pas comptent des dimensions inférieures à 22 cm de circonférence). La maladie a donc une occurrence similaire sur les placettes forestières et sur celles situées le long du cours d’eau, mais l’impact du Phytophtora sur ces dernières en nombres d’arbres atteints est plus important.

FW124-aulne400Si l’on s’en tient aux symptômes marqués, le niveau actuel de la maladie de l’aulne, est moins alarmant en forêt à l’écart des cours d’eau que sur les berges, avec de l’ordre de 20 % d’arbres concernés en forêt contre 35 % en cordons rivulaires. La différence est encore plus marquée si l’on s’en tient aux nécroses : respectivement 4 et 13 %.

De manière générale, on assiste à une dégradation progressive de l’état sanitaire des aulnaies en Wallonie, plus marquée en cordons rivulaires que dans les peuplements forestiers. Les observations montrent que la maladie s’est tellement généralisée, en forêt comme en ripisylve, qu’il est illusoire de la combattre par abattage. Il semblerait de plus qu’au stade de dépérissement, le recépage de la souche, fortement affaiblie, n’a que peu de chance de donner lieu à un rejet sain et vigoureux. Par contre, la conservation des souches pour leur rôle dans le maintien des berges peut justifier des interventions ciblées. [A.D]

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Di Prinzio J., Henrottay F., Claessens H., Chandelier A. [2013]. La maladie de l’Aulne en Wallonie : Evolution depuis son émergence. Forêt Wallonne 124 : 3 - 19 (17 p., 14 fig., 10 réf.).

 

FW124-gcube400G-cube 2.0 : le logiciel de cubage revu et amélioré

Daphné Handerek, Samuel Quevauvillers, Jacques Hébert, Jacques Rondeux, Philippe Lejeune

La Faculté universitaire de Gembloux a créé en 2008 un logiciel de cubage spécialement dédié au secteur forestier. Ce logiciel, très simple d’utilisation grâce à sa présentation originelle sous forme de fichier Excel, a été amélioré suite aux retours des utilisateurs.

Cette nouvelle version est dotée d’une interface entièrement autonome et a abandonné l’environnement Excel. Qui plus est, des données ventilées selon trois niveaux hiérarchiques (liste de bois, lots et parcelles) peuvent désormais être gérées. Le cubage d’une liste de bois peut être réalisé selon différentes modalités. Ainsi, les dimensions peuvent être encodées selon différents niveaux de mesure : à 1,3 ou 1,5 mètre du sol, mais aussi à mi-longueur dans le cas d’arbres abattus. Pour le calcul du volume, deux choix sont possibles : l’utilisation d’équations de cubage ou de barèmes de cubage. Des lots peuvent également être constitués à partir de plusieurs listes de bois. La rubrique « parcelle » permet quant à elle de relier des listes de bois à des entités de gestion forestière. Une rubrique complémentaire offre par ailleurs la possibilité de gérer des listes de prix des bois.

Le logiciel de cubage G-cube permet de calculer en toute simplicité les volumes des lots de bois. Il faut également signaler que sa gratuité le rend accessible aussi bien aux gestionnaires forestiers qu’aux particuliers. [S.P.]

La nouvelle version du logiciel est disponible gratuitement à l’adresse : hdl.handle.net/2268/143814

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Handerek D., Quevauvillers S., Hébert J., Rondeux J., Lejeune p. [2013]. G-cube 2.0 : un logiciel de cubage et de constitution de lots de bois. Forêt Wallonne 124 : 20-27 (8 p., 4 fig., 4 réf.).

 

fw124-lidar400Le LiDAR aérien : perspectives d’application en forêt wallonne

Stéphanie Bonnet, François Toromanoff, Sébastien Bauwens, Adrien Michez, Laurent Dedry, Philippe Lejeune

La télédétection a prouvé tout son potentiel en matière de caractérisation de la ressource forestière. Plus particulièrement, le LiDAR (Light Detection And Ranging) aérien permet d’obtenir une vision tridimensionnelle des massifs forestiers et de récolter des données à large échelle.

Le principe à la base de cette technologie est relativement simple : à partir d’un avion ou d’un hélicoptère, une impulsion laser est émise vers la zone d’intérêt. Ensuite, en fonction de la présence ou non d’obstacles situés entre l’appareil et le sol, un ou plusieurs échos sont renvoyés vers le récepteur situé sur l’avion ou l’hélicoptère. Les éléments de la canopée ou tout autre obstacle peuvent ainsi être décrits en trois dimensions.

L’utilisation du LiDAR en forêt permet des applications aussi diverses que variées. À titre d’exemple, l’unité de Gestion des Ressources Forestières et des Milieux Naturels de Gembloux Agro-Bio Tech mène actuellement des recherches sur une zone pilote dans la région de Gedinne. À partir des donnés récoltées, la hauteur dominante, le nombre de tiges, la surface terrière et le volume par hectare des peuplements peuvent être évalués. Ces estimations permettent déjà par exemple de détecter les peuplements résineux en retard d’éclaircie.

Le système offre également la possibilité de repérer les trouées au sein des massifs forestiers. Celles-ci intéressent fortement les gestionnaires étant donné qu’elles constituent des zones primordiales en terme de dynamique forestière.

Le LiDAR permet aussi de caractériser les ripisylves. De manière très concrète, il est possible de relever les infractions liées au respect ou non de l’interdiction de maintien de peuplements résineux à proximité des cours d’eau.

Enfin, la réalisation de la cartographie d’occupation du sol à l’aide du LiDAR est également d’un grand intérêt.

La capacité du LiDAR à décrire en trois dimensions et de manière précise les milieux naturels ouvre sans conteste des perspectives intéressantes et innovantes pour les gestionnaires forestiers. Les applications sont nombreuses et variées et font de cette technologie un outil d’avenir pour la gestion des milieux naturels. [S.P.]

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Bonnet S., Toromanoff F., Bauwens S., Michez A., Dedry L., Lejeune p. [2013]. Principes de base de la télédétection et ses potentialités comme outil de caractérisation de la ressource forestière. Partie 2. Le LiDAR aérien. Forêt Wallonne 124 : 28-41 (14 p., 11 fig., 2 tab., 24 réf.).

 

fw124-soignes400Les cloisonnements forestiers en forêts bruxelloises

Stéphane Vanwijnsberghe, Martine Coulon, Olivier Schoonbroodt, Dominique Leclercq, Erwin Verkenne, Christian Block, Willy Van de Velde, Bart Swerts, Bram Aertsen, Etienne Collet

En dix ans, l’exploitation forestière en Région bruxelloise a évolué d’une exploitation où les machines pouvaient circuler partout dans le sous-bois vers la mise en place d’un cloisonnement d’exploitation que les machines ne peuvent quitter. Ce changement progressif est le résultat d’une prise de conscience de la sensibilité au tassement et donc à la compaction des sols de cette région.

Le changement a été fait progressivement, par étapes, pour permettre aux exploitants d’adapter leur méthode de travail. Cet article retrace l’expérience du service forestier bruxellois sur la transition d’un système d’exploitation à un autre.

La démarche suivie pour la mise en place d’un cloisonnement est détaillée. Une série de principes qui ont été affinés au cours des dix dernières années, sont présentés. Une étude préalable (description de la coupe) est réalisée afin de récolter les informations nécessaires à la réalisation du projet. Le premier projet théorique est ensuite confronté à la réalité du terrain. Suite à cette étape de contrôle, le marquage définitif du cloisonnement peut être réalisé. L’ouverture du cloisonnement est ensuite effectuée lors d’un passage en martelage.

Les différentes étapes relatives à la modification progressive des clauses du cahier des charges de la vente de bois sont détaillées. C’est lors de la vente de 2004 que les premières contraintes pour la circulation des machines furent imposées. Les aspects financiers sont abordés avec les prix de vente moyens des lots et l’impact du cloisonnement sur le prix des bois est analysé.

L’article termine en évoquant que l’installation d’un cloisonnement d’exploitation est UNE des techniques que l’on peut utiliser aujourd’hui pour mieux préserver les sols. D’autres solutions existent, comme par exemple l’exploitation par téléphérage. [C.S.]

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Vanwijnsberghe S. et al. [2013]. Dix années d’expérience dans l’installation de cloisonnements d’exploitation en forêts bruxelloises : impacts financiers, aspects pratiques et réglementaires. Forêt Wallonne 124 : 42-53 (12 p., 2 fig., 9 réf.).

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