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Forêt Wallonne n° 102 (sept./oct. 2009)

coverFW102Aménagements forestiers : du neuf pour les forêts bénéficiant du régime forestier

Benjamin de Potter, Didier Marchal, Patrick Auquière, Christine Farcy, Étienne Gérard

La révision du cadre organisant les aménagements, ainsi que la révision du code forestier ont récemment apporté de nombreux changements en matière d’aménagement forestier pour les forêts bénéficiant du régime forestier. L’article veut donc informer les lecteurs des différents changements récemment apportés en cette matière.

C’est principalement l’article 57 du nouveau code forestier qui définit le contenu minimal d’un nouveau plan d’aménagement. En plus du contenu, c’est aussi la procédure d’approbation et de suivi des plans d’aménagement qui a été modifiée...

Le principal changement concret pour les agents forestiers est l’existence simultanée des notions d’îlot et de parcelle. L’îlot est l’unité élémentaire, visible sur carte, permettant une description relativement fine de l’habitat. La parcelle est l’unité de gestion (ou de traitement, en milieu forestier) par excellence, elle comprend un ou plusieurs îlots. À la notion de parcelle sont donc rattachées les principaux niveaux de gestion : série-objectif, vocation, secteur et itinéraire.

de Potter B., Marchal D., Auquière P., Farcy C., Gérard E. [2009]. Aménagements forestiers : du neuf pour les forêts bénéficiant du régime forestier. Forêt Wallonne 102 : 3-13.

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Plaidoyer pour la production de gros bois

Jean-Philippe Schütz, Ernst Gehri

Le secteur de la transformation du bois, fortement malmené par la globalisation, doit rationaliser ses techniques de travail pour survivre. L’arrivée des profileurs a permis d’augmenter les cadences de sciage, ce qui a conduit certains à asséner haut et fort que seule la production de bois de faibles dimensions a un avenir.

Pour les auteurs, la production de bois de grosses dimensions est la seule qui soit économiquement et sociétalement responsable. Il vaut mieux adapter l’outil de transformation au système de production et non le contraire.

Dès lors, prétendre à l’inéluctabilité de la production de petits et moyens bois relèvent de plusieurs erreurs. Une première erreur est d’ériger ce modèle comme seul valable et généralisable. Penser cela, c’est faire une entorse au principe de diversité et de complémentarité.

Une seconde erreur vient de ce qu’on ne peut pas changer du jour au lendemain un système de production en place, fondé sur l’amélioration par sélection, ce qui implique de se concentrer sur les bois les meilleurs et les plus gros. La sylviculture, basée sur le grossissement par éclaircie, prédomine en Europe tempérée depuis plus de 60 ans et commence seulement à porter ses fruits. Son but est la production de gros bois de qualité. Quand on a ce type de ressource, il est préférable de l’utiliser au mieux, plutôt que de se forcer à produire l’inverse.

La troisième erreur est d’oublier que la globalisation change les conditions cadres de la transformation. Certains types de produits (papier, panneaux) sont voués à une expatriation lointaine. Cela vaut pour la plupart des produits bas de gamme. Le contexte de la transformation n’est plus déterminé par un principe d’autarcie, mais s’oriente vers celui de la meilleure adéquation aux conditions socio-économiques générales.

La quatrième erreur est d’ignorer la nécessité essentielle de diminuer les gaz à effet de serre. Le bois, dans ce contexte, a un rôle à jouer. Il devient impératif de favoriser l’utilisation du bois dans l’habitation, si possible en une forme facilement recyclable, c’est-à-dire sans traitements chimiques rédhibitoires.

Toutes ces considérations conduisent à proposer pour nos conditions de production des modèles de transformation se basant sur l’optimisation des débouchés par le tri de la qualité, et l’acheminement vers des produits finaux de haute valeur ajoutée. Il faut valoriser nos ressources en aiguillant les produits vers le meilleur usage par tri qualitatif et en adaptant les systèmes techniques de transformation.

Schütz J.-P., Gehri E. [2009]. Plaidoyer pour la production de gros bois. Forêt Wallonne 102 : 14-20.

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Marquage « CE » des bois de structure : récents (et ultimes ?) épisodes...

Hugues Frère, Emmanuel Defays, François Deneufbourg

Le marquage CE des bois de structure à section rectangulaire s’impose peu à peu au secteur des scieries et à celui du négoce de bois. Issu d’une directive européenne, la Directive Produits de Construction (DPC), ce marquage garantit que les produits de construction sont appropriés à la fonction qu’ils ont à assumer et peuvent être mis sur le marché partout dans l’espace économique européen.

Fin décembre 2005, la norme européenne NBN EN 14081 « Structures en bois – Bois de structure à section rectangulaire classé pour sa résistance » a été publiée. Cette norme était inapplicable pour bon nombre d’entreprises, aussi le report de sa date d’application a-t-il été demandé. Cinq raisons rendaient cette norme inapplicable :

  • le coût lié au classement et au marquage des bois ;
  • les machines de classement non adaptées aux bois humides ;
  • l’encre de la marque ne résistant pas sur bois humide ;
  • le classement et le marquage, véritables freins pour nos entreprises, allant à l’encontre de l’esprit de la DPC, qui est de faciliter les échanges de biens et de services ;
  • les incohérences, imprécisions et contradictions internes présentes dans la nouvelle norme EN 14081.

Dans sa version actuelle, la norme prévoit le marquage pièce par pièce. Une solution à nombre de problèmes serait la possibilité de marquer par paquet.

La date officielle d’application de la norme est le 1er septembre 2012. Dès sa mise en application, nos entreprises devront, en ce qui concerne le bois de structure à section rectangulaire, tant résineux que feuillus :

  • classer pièce par pièce chaque planche de bois. Le marquage par paquet rendra possible un mode de classement simplifié ;
  • utiliser les machines de classement pour une ressource nationale une fois ces machines étalonnées sur base de cette ressource ;
  • marquer le bois à la pièce ou au paquet.

Frère H., Defays E., Deneufbourg F. [2009]. Marquage « CE » des bois de structure : récents (et ultimes ?) épisodes... Forêt Wallonne 102 : 21-25.

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Le Département de la Nature et des Forêts à l’heure de la refonte de ses services territoriaux

Alain Lalmant, Christophe Heyninck

Le Département de la Nature et des Forêts a mis en chantier le fonctionnement de ses services territoriaux. Dix-neuf critères ont été retenus pour évaluer les charges de travail de chacun des triages. Sur cette base, un redécoupage s’est dessiné, qui vise à mieux répartir le travail entre triage mais également entre cantonnement.

Le résultat actuel est un système à 33 cantonnements (32 à terme) et 390 triages. Pour ces derniers, les limites finales ne sont pas encore validées, une consultation est en cours sur le terrain.

Autre réforme apportée dans ce vaste chantier, l’apparition d’agents d’encadrement, sous l’autorité du chef de cantonnement. Ces agents, sans triage fixe, seront chargés de coacher les titulaires de triage et de leur apporter l’aide nécessaire pour réaliser leurs missions. Dans ce nouveau contexte, certains chefs de cantonnement s’interrogent sur leur rôle, qui sera amené à évoluer.

L’enjeux de ce vaste chantier était le maintien du principe de territorialité pour assurer les missions du DNF. Pour ce dernier, les communes sont et doivent rester leurs clients privilégiés.

Lalmant A., Heyninck C. [2009]. Le Département de la Nature et des Forêts à l’heure de la refonte de ses services territoriaux. Forêt Wallonne 102 : 26-33.

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Mécanisation de l’exploitation en feuillus : évolutions et questions

Emmanuel Cacot

La mécanisation de l’abattage et du façonnage des arbres est essentiellement pratiquée en peuplement résineux. Qu’en est-il pour les peuplements feuillus ?

Les contraintes pour une mécanisation en feuillus par rapport aux résineux sont les suivantes :

  • bois plus lourd et plus dur ;
  • houppier plus développé et une branchaison plus irrégulière ;
  • branches plus grosses s’insérant souvent en oblique par rapport au tronc ;
  • troncs flexueux ;
  • arbres poussant en cépée ;
  • sous-bois très présent.

Ces contraintes constituent un milieu agressif pour le matériel.

Comme en résineux, la rentabilité d’un chantier mécanisé en feuillus dépend des caractéristiques des peuplements et du type d’opération de récolte. Il convient donc de prendre en compte plusieurs facteurs :

  • le terrain ;
  • l’essence ;
  • le volume total et le diamètre moyen des arbres ;
  • la proportion de tiges non marchandes dans le peuplement ;
  • la taille du chantier.

Parmi les voies d’amélioration, il reste trois axes d’études et de recherches à poursuivre :

  • développer et tester des têtes d’abattage-façonnage conçues pour du travail en feuillus ;
  • former les opérateurs ;
  • intégrer les exigences de la sylviculture et de la mécanisation, et lier cette évolution à l’adaptation des sylvicultures au changement climatique et au souci de préservation des sols.

Cacot E. [2009]. Mécanisation de l’exploitation en feuillus : évolutions et questions. Forêt Wallonne 102 : 34-44.

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Les propriétaires et gestionnaires forestiers face aux enjeux de la biodiversité

Hervé Brédif, Alain Bailly

La préoccupation environnementale majeure à l’échelle de la planète est le phénomène d’érosion de la diversité du vivant. La gestion de la biodiversité nécessite une véritable mobilisation générale. Pour l’instant, les réponses à cette préoccupation sont des instruments censés infléchir de l’extérieur les mentalités et les comportements des acteurs de terrain. Mais ceux-ci sont-ils sensibles ou indifférents à la biodiversité et aux enjeux qui y sont liés ? Est-il envisageable de s’appuyer sur eux pour concevoir une réponse efficiente au problème posé ? Ainsi, dans le domaine forestier, est il indispensable de mieux identifier ce que représente la biodiversité pour les propriétaires et gestionnaires forestiers.

Un projet de recherche, initié en 2005, tente d’approfondir cette relation propriétaire-gestionnaire forestier et biodiversité, pour rendre plus efficaces les mesures et politiques destinées à inverser l’érosion du vivant. L’objectif est triple :

  • combler le déficit de connaissances quant à la manière dont propriétaires et gestionnaires forestiers perçoivent la notion de biodiversité ;
  • identifier les blocages et les freins pour prendre en charge la biodiversité ;
  • enrichir la réflexion globale sur les outils, politiques publiques et stratégies visant à assurer une meilleure gestion de la biodiversité.

Trois sites forestiers ont été retenus : Médoc dans le massif Aquitain, plateau de Millevaches dans la région Limousin, parc naturel régional du Morvan.

En résumé, les propriétaires et gestionnaires forestiers s’avèrent sensibles et motivés par de nombreuses composantes du vivant. Ils s’impliquent et progressent dans leur réflexion par rapport à ce problème, à condition qu’ils soient accompagnés, encouragés et soutenus pour le faire. Cela permet d’espérer des politiques publiques en faveur de la biodiversité à la fois moins lourdes et moins onéreuses, plus efficaces, s’appuyant sur les acteurs de terrain, leurs attachements et leurs motivations. Il faut moins craindre le rapport entre acteurs de terrain et biodiversité que l’entente entre acteurs de terrain et acteurs globaux, instigateurs de politiques et de stratégies publiques.

Brédif H., Bailly A. [2009]. Les propriétaires et gestionnaires forestiers face aux enjeux de la biodiversité. Forêt Wallonne 102 : 35-54.

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