Main menu

foretnature

Forêt Wallonne n° 132 (septembre/octobre 2014)

coverFW132Le Grand Capricorne, une espèce au statut incertain en Wallonie

Jérémy Kips

En 2010, plusieurs indices de la présence du grand capricorne du chêne ont été découverts en Wallonie, dans les environs de Thuin et Wellin. Suite à ces découvertes, un travail de fin d’études a compilé les exigences de cette espèce, a priori plutôt méridionale mais d’intérêt communautaire chez nous, et proposé des mesures de gestion adaptées.

Grâce à un modèle, des arbres isolés et des îlots de vieillissement ont pu être cartographiés afin de répondre au mieux aux besoin de l’espèce. Ces besoins sont principalement rencontrés par la présence de vieux gros chênes présentant des suintements, avec une écorce épaisse et dont le tronc est exposé à la lumière. [C.H.]

Télécharger l'article au format pdf 0reader_icon_special

Kips J. [2014]. Le Grand Capricorne, une espèce au statut incertain en Wallonie. Forêt Wallonne 132 : 3-13 (11 p., 2 fig., 1 tab., 10 réf.).

 

fw131-sangliersLe chevreuil face aux changements climatiques : une adaptation impossible ?

François Klein, Floriane Plard, Claude Warnant, Gilles Capron, Jean-Michel Gaillard, Mark Hewison, Christophe Bonenfant

L’un des impacts majeurs des changements climatiques est la désynchronisation entre la phénologie des organismes à différents niveaux de la chaîne alimentaire. Si les espèces ne s’adaptent pas, le moment du pic de disponibilité des ressources peut ne pas correspondre au moment du pic des dépenses énergétiques. De nombreuses espèces d'oiseaux ont fait preuve d’une grande adaptabilité face aux changements récents en avançant leur date de ponte pour la faire coïncider avec une précocité printanière toujours plus marquée.

Chez les mammifères, ces questions commencent également à être étudiées. Afin de suivre la disponibilité des ressources nécessaires au développement de leurs populations, les grands herbivores, tels que le chevreuil, devraient également modifier progressivement leur cycle biologique en réponse à une apparition plus précoce de la végétation.

Des chercheurs français se sont intéressés à cette problématique. Malgré des changements climatiques avérés, ils n'ont observé aucune modification du calendrier des dates de naissance des chevreuils sur la période des vingt-sept années de l’étude.

Cette incapacité à s’adapter aux modifications de l'environnement a donné lieu à une inadéquation entre l’alimentation des mères et la date de naissance de leurs petits, qui à son tour, a provoqué une diminution de la survie des jeunes et une réduction de la santé des chevreuils.

Les auteurs de l’article suggèrent que l’adaptation de la période de naissance chez le chevreuil n'a pas eu lieu parce que, pour cette espèce, la reproduction est déclenchée par la longueur du jour plutôt que par la disponibilité des ressources. [D.A.]

Télécharger l'article au format pdf 0reader_icon_special

Klein F., Plard F., Warnant C., Capron G., Gaillard J.-M., Hewison M., Bonenfant C. [2014]. Le chevreuil face aux changements climatiques : une adaptation impossible ? Forêt Wallonne 132 : 14-23 (10 p., 3 fig., 2 réf.).

 

fw131-sangliersPertes en volume et en valeur d’épicéas adultes touchés par des dégâts de cervidés

Christophe Heyninck

La scierie Hoffmann s’est penché sur un problème récurrent dans certaines régions de Wallonie : la présence de bois abîmés par des dégâts de cervidés dans les lots de bois de tous âges en pessière. Son étude a consisté à mesurer le volume de bois rendu inutilisable pour une utilisation en bois de structure.

L’analyse de dix-sept bois, d’un volume moyen de 1,81 m3, touchés par des dégâts de gibier dans une pessière mâture montre que 35 % du volume de bois est impropre à l’utilisation en bois de structure. Cette perte de volume se traduit par une perte financière pour le propriétaire de 31 %, due à la valorisation résiduelle en bois de trituration.

Cette étude originale apporte le point de vue d’un acteur de la filière bois dont la tâche est de transformer les arbres en planches avec le meilleur rendement possible et ayant une bonne connaissance à la fois du marché des bois sur pied et de celui en aval des produits sciés. Elle montre comment des bois destinés au secteur du bois d’œuvre ou de structure se trouvent relégués en bois de trituration. Ce déclassement se répercute immédiatement sur les prix offerts aux producteurs. [C.H.]

Télécharger l'article au format pdf 0reader_icon_special

Heyninck C. [2014]. Pertes en volume et en valeur d’épicéas adultes touchés par des dégâts de cervidés. Forêt Wallonne 132 : 24-30 (7 p., 4 fig.).

 

fw131-sangliersRenforcement des populations de moules perlières de l’Our

Charlotte Bontinck, Christophe Heyninck

Les moules perlières sont une espèce en danger critique dans toute l’Europe, malgré les actions de restauration et d’amélioration de leur milieu. L’extrême sensibilité des jeunes à la qualité de l’eau empêche l’espèce de se régénérer. Le renforcement des populations apparaît dès lors comme une démarche indispensable pour sauvegarder cette espèce.

En 2013, 450 jeunes moules ont été introduites dans le bassin hydrographique de l’Our, dans des plaques pouponnières. Ces dernières sont nettoyées chaque semaine et ouvertes une fois par an pour contrôler les taux de survie et de croissance. Les premiers résultats indiquent un taux de survie de 27 % la première année, ce qui semble plutôt positif si on le compare aux autres actions de renforcement de populations en cours en Allemagne et au Grand-Duché de Luxembourg.

Mille autres jeunes moules sont venues renforcer les premières en 2014. Elles resteront durant 5 ans dans les plaques et passeront ensuite encore 5 ou 6 ans dans des paniers adaptés, leur permettant de survivre à une éventuelle asphyxie par des sédiments fins.

Enfin, à la taille de 1,5 à 2 cm, elles seront peu à peu réintroduite dans les cours d’eau. [C.H.]

Télécharger l'article au format pdf 0reader_icon_special

Bontinck C., Heyninck C. [2014]. Renforcement des populations de moules perlières de l’Our. Forêt Wallonne 132 : 31-39 (9 p., 2 fig., 12 réf.).

 

fw131-sangliersLe marteloscope, un outil en vogue dans le monde forestier

Sébastien Petit, Christine Sanchez, Max Bruciamacchie

Depuis début 2013 en Wallonie, près de quatre cents forestiers et étudiants ont exercé leur coup de marteau sur les marteloscopes mis en place par l’asbl Forêt Wallonne. Cet article décrit cet outil dont l’objectif premier est pédagogique.

Concrètement, un marteloscope est une portion de forêt dans laquelle tous les arbres sont numérotés, décrits et localisés sur un plan. Les participants à l’exercice parcourent la parcelle, seul ou par petits groupes, et décident des arbres à prélever selon les objectifs donnés en début d’exercice. La simulation de martelage se fait grâce au plan des arbres et le participant note les arbres sélectionnés dans un tableau prévu à cet effet. L’analyse du martelage se fait grâce à un logiciel informatique qui prend en compte les aspects sylvicoles, mais également économiques et écologiques.

Au-delà de ces analyses, les résultats de la récolte fictive sont l’occasion d’explications, d’échanges et de discussions sur la gestion des peuplements forestiers.

L’asbl Forêt Wallonne a mis en place cinq marteloscopes (trois feuillus et deux résineux) dont quatre sont actuellement fonctionnels. À l’échelle européenne, de nombreux organismes mettent en place des marteloscopes à des fins pédagogiques ou pour développer des thèmes particuliers de la gestion forestière. Les sujets traités sont divers et s’adressent parfois à un public très larges (agents forestiers, étudiants, naturalistes, propriétaires privés, exploitants, élus locaux, etc.).

Le succès grandissant de ce type d’outil dans la formation continue s’explique notamment par la diversité de situations qu’ils offrent et leur capacité à provoquer le dialogue entre professionnels. [C.S.]

Télécharger l'article au format pdf 0reader_icon_special

Petit S., Sanchez C., Bruciamacchie M. [2014]. Les marteloscopes : des outils de dialogue pour la gestion forestière. Forêt Wallonne 132 : 40-49 (10 p., 4 fig.).

 

fw131-sangliersQuelques résultats issus des martelages sur le marteloscope de Vecmont

Sébastien Petit, Christine Sanchez

L'asbl Forêt Wallonne a mis en place plusieurs marteloscopes dans le contexte de l'Accord-cadre de recherches et vulgarisation forestières. Plus particulièrement, le marteloscope de Vecmont a fait l'objet de plusieurs journées de formation à destination des agents du DNF et de quelques groupes d'étudiants. Ce dispositif permet de tester son coup de marteau dans un peuplement irrégulier et mélangé, composé principalement de hêtre et d'un peu de chêne.

Dans ce peuplement, chaque bois de plus de 40 cm de circonférence est cartographié, numéroté, mesuré et qualifié de manière économique et écologique. Les forestiers qui réalisent l'exercice peuvent ainsi connaître précisément les résultats du martelage qui vient d'être effectué quelques minutes auparavant.

Les résultats des martelages montrent de grands écarts entre participants. Que ce soit au niveau des volumes prélevés, mais aussi de la manière de récolter. Les volumes éclaircis vont de 23 à 82 m3/ha. Certains ont donc un martelage très conservateur et d'autres beaucoup plus dynamique. Le coefficient d'éclaircie, qui qualifie la nature du martelage, varie de 0,5 à 2,6. La manière de réaliser le prélèvement est donc aussi très variable, certains martelant fortement par le bas et d'autres fortement par le haut. Les résultats en termes économiques qui en découlent sont d'autant plus marqués.

Autre résultat intéressant, le marteloscope permet de montrer que concilier économie et écologie est tout à fait faisable et ce, à moindre coût pour le propriétaire. De fait, les arbres ayant une forte valeur écologique sont aussi ceux qui ont des décollements d'écorce, qui portent des champignons, qui ont des cavités ou encore qui sont dépérissants.

Le marteloscope de Vecmont permet à chaque participant d'affiner ses choix de martelage et de les mettre en rapport avec les avis des autres forestiers. La journée passée sur le terrain permet d'appréhender les grands principes du martelage en futaie irrégulière, d'échanger et de pouvoir discuter des martelages et de nombreux autres sujets touchant la gestion forestière. [S.P.]

Télécharger l'article au format pdf 0reader_icon_special

Petit S., Sanchez C. [2014]. Le marteloscope de Vecmont : quelques résultats concrets. Forêt Wallonne 132 : 50-58 (9 p., 6 fig., 1 tab.).

Contact

Forêt Wallonne asbl
Rue Nanon 98
5000 Namur
T +32 (0)81 390 800
info@foretwallonne.be

Evenements

Forêt-MAIL