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La revue technique consacrée à la gestion résiliente
des espaces forestiers et naturels

 

FO161

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Brèves

 

Formations Forêt.Nature. Premier semestre 2022, pour les agents du DNF

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Dix caractéristiques clés pour l’accueil d’une diversité d’espèces en forêt

Céline Emberger, Laurent Larrieu, Pierre Gonin

 

Les forêts de référence Askafor : démonstration et suivi de la sylviculture mélangée à couvert continu

Farah Roland

Le projet Interreg Askafor vise la promotion de la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC) en diminuant les freins à son développement. Une des actions du projet est la mise en place de quatre forêts de référence sur plus de 1 200 hectares en Grande Région. Celles-ci permettront à la fois de démontrer l’intérêt de la SMCC et de suivre l’évolution des forêts gérées selon cette sylviculture.

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Après les feuillus, aux résineux de dévoiler leur potentiel. Installation du premier travailloscope résineux en Europe

Maude Vandenabeele

La méthode des travaux ciblés est un pilier de la sylviculture de qualité à moindre coût. Dans la lancée du premier travailloscope installé en 2020 à Grimbiémont en contexte feuillu, un travailloscope résineux a vu le jour à Daverdisse. Une première européenne !

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Ratons laveurs suivis par collier GPS dans la forêt de Saint-Michel-Freyr. Étude de la sélection et de l’utilisation de son habitat en milieu naturel

Sarah Meulemans

L’expansion géographique rapide du raton laveur et l’augmentation de ses densités de population dans de nombreuses régions d’Europe inquiètent la communauté scientifique. Ce mésocarnivore peut en effet impacter de nombreuses espèces, protégées ou non, notamment au cours d’événements de prédation qui ont déjà pu être prouvés. Cependant, en Wallonie, l’impact exact lié à cette prédation est encore peu connu. Bien que des tentatives de régulation aient été mises en place dans de nombreux pays, ces dernières ne se sont pas toujours révélées efficaces. Dans ce contexte, une approche qui s’avère plus judicieuse pourrait consister à protéger de manière ciblée les espèces potentiellement fragilisées par le raton laveur. Pour cela, une meilleure connaissance de l’écologie du procyonidé, et en particulier de son utilisation des ressources, est indispensable. À cette fin, un suivi par collier GPS a été effectué sur quatre individus de mars à juin 2021 dans la forêt de Saint-Michel-Freyr, en vue d’étudier la sélection de l’habitat par le raton laveur, et d’en déduire l’exploitation des ressources alimentaires et des refuges dans ces habitats.

Les résultats obtenus suggèrent une sélection des peuplements feuillus, qui sont majoritaires sur le site d’étude, à l’exception du mois d’avril, plus frais, au cours duquel les résineux ont été majoritairement sélectionnés, peut-être en raison de la régulation thermique apportée par leur couvert. Les forêts feuillues sont riches en refuges et en ressources alimentaires, majoritairement des insectes, gastéropodes et crustacés cachés sous les écorces des bois morts tombés au sol, ainsi que des amphibiens, micromammifères et végétaux. Les forêts résineuses présentent également un intérêt en tant que zones de refuge, mais semblent plus pauvres en termes de ressources alimentaires. Les ratons laveurs utilisent également volontiers les milieux ouverts très riches en ressources alimentaires. En conclusion, les résultats obtenus indiquent, pour le mois de juin 2021, une très bonne adaptation de l’espèce dans la mosaïque forestière de Saint-Michel-Freyr. Les ressources alimentaires y sont riches et variées et l’espèce modifie sa sélection de l’habitat en fonction des conditions météorologiques et de l’abondance des ressources alimentaires disponibles.

Références à télécharger/consulter

0iconweb 1. Bartoszewicz M. (2011). NOBANIS – Invasive Alien Species Fact Sheet – Procyon lotor.

0iconweb 2. Bartoszewicz M., Okarma H., Zalewski A., Szczęsna J. (2008). Ecology of the raccoon (Procyon lotor) from Western Poland. Annales Zoologici Fennici 45(4) : 291-298.

0iconweb 4. European Commission (2014). Regulation (EU) N° 1143/2014 of the European Parliament and of the Council of 22 October 2014 on the prevention and management of the introduction and spread of invasive alien species. Official Journal of the European Union 317 : 35-55.

0iconweb 5. European Commission (2016). Commission Implementing Regulation (EU) 2016/1141 of 13 July 2016 adopting a list of invasive alien species of Union concern pursuant to Regulation (EU) N° 1143/2014 of the European Parliament and of the Council. Official Journal of the European Union 189 : 4-8.

0iconweb 6. Fischer M.L., Sullivan M.J.P., Greiser G., Guerrero-Casado J., Heddergott M., Hohmann U., Keuling O., Lang J., Martin I., Michler F.-U., Winter A., Klein R. (2016). Assessing and predicting the spread of non-native raccoons in Germany using hunting bag data and dispersal weighted models. Biological invasions 18(1) : 57-71.

0iconweb 8. Libois R. (1987). Atlas des mammifères sauvages de Wallonie (suite) : Le raton laveur [Procyon lotor (L., 1758)]. Cahiers d’Éthologie 7(2) : 140-142.

0iconweb 12. Nations Unies (1992). Convention sur la diversité biologique.

0iconweb 13. Riley S.P.D., Hadidian J., Manski D.A. (1998). Population density, survival, and rabies in raccoons in an urban national park. Canadian Journal of Zoology 76(6) : 1153-1164.

 

Évaluation de la réussite des mesures d’éradication du castor canadien en Wallonie

Élise Morel

La Belgique a mis en place un plan de lutte contre le castor canadien à partir de 2009. Dix ans après il était intéressant d’évaluer les résultats du plan. L’étude sur le terrain de 2020 basé sur un système de piège à poils non invasif et d’une analyse ADN, a permis de vérifier l’espèce en présence sur chacun des sites. Les sites ont été sélectionnés pour être le plus représentatif par rapport aux anciens sites de castors canadiens et les alentours. Ainsi malgré les différents échecs d’analyses, nous constatons pour la première fois que le castor européen occupe des anciens territoires de castors canadiens et continue de proliférer. Après la vérification des derniers sites manquants, la Wallonie pourra être déclarée indemne de castor canadien sur son territoire. Ensuite, la différenciation des sous espèces de castors serait une belle perspective pour étudier les différents déplacements et développement des castors européens sur le territoire.

Références à télécharger/consulter

0iconweb 1. Herr J., Schley L. (2009). Barbed wire hair traps as a tool for remotely collecting hair samples from beavers (Castor sp.). Lutra 52(2) : 123-127.

0iconweb 2. Hollander H., van Duinen G.A., Branquart É., de Hoop L., de Hullu P.C., Matthews J., van der Velde G., Leuven R.S.E.W. (2017). Risk assessment of the alien North American beaver (Castor canadensis). Netherlands Centre of Expertise for Exotic Species (NEC-E), Bargerveen Foundation, Dutch Mammal Society, Service Public de Wallonie and Radboud University (Institute for Water and Wetland Research, Department of Environmental Science), 63 p. + annexes.

0iconweb 4. Pir J.B., Schley L. (2015). Développement des connaissances sur la répartition et l’écologie des mammifères au Luxembourg entre 1990 et 2015. Bulletin de la Société des Naturalistes luxembourgeois 116 : 437-455.

 

Projet Nassonia : mise en place d’un inventaire forestier des arbres d’intérêt

Stéphane Abras, Valentin Claes, Hugues Claessens, Marc Dufrêne, Gérard Jadoul, Ophelia Noël

Au sein du massif forestier de Saint-Hubert, 1 650 hectares de forêt domaniale sont cogérés, depuis plus de 2 ans, dans un schéma inédit de partenariat public-privé, par le DNF (SPW ARNE) et la Fondation Pairi Daiza.

Ce projet Nassonia, d’une durée de 20 ans trois fois renouvelable, s’inscrit dans le temps long de la forêt. Il a pour objectif principal de placer la biodiversité et la naturalité au centre des enjeux de gestion au sein de ce territoire. Le présent article explique les résultats et la méthode d’un inventaire mis en place par l’équipe en charge du projet dans le but de fournir des données importantes pour la rédaction du nouveau plan d’aménagement forestier. Un des enjeux majeurs est effectivement de disposer, dans toute une série de domaines, d’un état des lieux initial, un t0.

Références à télécharger/consulter

0iconweb 1. Alderweireld M., Burnay F., Pitchugin M., Lecomte H. (2015). Inventaire Forestier Wallon. Résultats 1994-2012. SPW, DGO3, DNF, Direction des Ressources forestières, Jambes, 236 p.

0iconweb 3. Gonin P., Larrieu L. (2013). Méthodes de relevé de l’Indice de Biodiversité Potentielle (IBP). IDF-CNPF, INRA Dynafor, v3.3, 13 p.

0iconweb 4. Müller J., Bütler R. (2010). A review of habitat thresholds for dead wood : A baseline for management recommendations in European forests. European Journal of Forest Research 129(6) : 981-992.

 

Les conifères exotiques en forêt wallonne : état des lieux dans les arboretums forestiers

Aurore Fanal

Pour pallier au déclin de la productivité des grandes essences wallonnes, de plus en plus de parcelles forestières sont diversifiées à l’aide d’essences exotiques provenant d’Asie et d’Amérique du Nord. Cependant, les risques liés à de telles introductions ne sont pas négligeables : propagation de pathogènes, appauvrissement de la biodiversité, émergence de nouvelles espèces invasives… Une étude a été menée dans huit arboretums forestiers wallons afin de quantifier la régénération naturelle de conifères exotiques. Six espèces présentent un potentiel envahissant, particulièrement le tsuga hétérophylle et le sapin de Vancouver, qui se dispersent également sur de longues distances. Afin d’éviter les impacts négatifs sur nos écosystèmes naturels et préserver la multifonctionnalité de nos forêts, la plantation d’espèces exotiques doit être mûrement réfléchie et précédée d’analyses de risques rigoureuses.

Références à télécharger/consulter

0iconweb 1. Bindewald A., Michiels H.-G. (2016). Quantifying invasiveness of Douglas fir on the basis of natural regeneration in south-western Germany. In: Krumm F, Vítková L (Eds), Introduced tree species in European forests: opportunities and challenges. European Forest institute, p. 330-343.

0iconweb 3. Fanal A., Mahy G., Fayolle A., Monty A. (2021). Arboreta reveal the invasive potential of several conifer species in the temperate forests of western Europe. NeoBiota 64 : 23-42.

0iconweb 4. Forestry Commission Scotland (2015). Managing invasive and non-native forestry species. Forestry Commission Scotland, 35 p.

0iconweb 5. Halford M., Mahy G. (2012). Le code de conduite sur les plantes invasives. Une nouvelle approche préventive pour le secteur forestier. Forêt Wallonne 118 : 3-13.

0iconweb 6. Kowarik I. (1995). Time lags in biological invasions with regard to the success and failure of alien species. In: Pyšek P, Prach K, Rejmánek M, Wade M (Eds), Plant Invasions - General Aspects and Special Problems. SPB Academic Publishing, p. 15-38.

0iconweb 7. Krumm F., Vítková L. (2016). Introduced tree species in European forests : opportunities and challenges. European Forest Institute, 423 p.

0iconweb 8. Lamarque L.J., Delzon S., Christopher J.L. (2011). Tree invasions : a comparative test of the dominant hypotheses and functional traits. Biological Invasions 13 : 1969-1989.

0iconweb 9. Mack R.N. (2005). Predicting the Identity of Plant Invaders : Future Contributions from Horticulture. HortScience 40 : 1168-1174.

0iconweb 10. Pyšek P. (2016). What determines the invasiveness of tree species in central Europe ? In: Krumm F, Vítková L (Eds), Introduced tree species in European forests: opportunities and challenges. European Forest Institute, p. 68-77.

0iconweb 11. Rejmánek M. (2014). Invasive trees and shrubs : Where do they come from and what we should expect in the future ? Biological Invasions 16 : 483-498.

0iconweb 13. Richardson D.M., Pysek P., Rejmanek M., Barbour M.G., Panetta F.D., West C.J. (2000). Naturalization and invasion of alien plants : concepts and definitions. Diversity and Distributions 6 : 93-107.

 

Gestion des arbres exotiques envahissants : exemple du tsuga hétérophylle dans la forêt domaniale du Grand-Bois à Vielsalm

Raphaël Thunus

Installé dans les années ‘50 et ‘60 afin d’augmenter la diversité en essences résineuses productives dans la forêt domaniale du Grand-Bois à Vielsalm, le tsuga hétérophylle a rapidement prouvé qu’il était en station. Aujourd’hui, arrivé à maturité, l’espèce fructifie abondamment et le semis trouve dans cette forêt résineuse irrégulière des conditions optimales à son installation. Il impose une rude concurrence aux autres essences et certaines parcelles se voient envahies par un sous-étage pur de tsuga. Face à ce constat, il a été décidé de réagir afin de contenir l’espèce. Quelques travaux de gestion localisés ont d’abord été envisagés mais les résultats mitigés ont poussé le gestionnaire à entrevoir une action à l’échelle du massif.

 

Étude du choix de lieu de ponte par le hanneton forestier dans les Vosges du Nord

Jérémy Cours, Louis-Michel Nageleisen, Régine Touffait, Hubert Schmuck, Stéphane Brault, Nathalie Bréda, Claudine Richter, François-Xavier Saintonge, Vincent Boulanger

Le hanneton forestier est une espèce importante de coléoptère à potentiel ravageur des forêts mixtes et feuillues européennes. Afin de mieux comprendre son écologie, nous avons étudié le comportement de ponte des femelles dans les Vosges du Nord. Nous avons mis en évidence qu’une strate arbustive dense est négativement corrélée à la densité de pontes et d’œufs dans le sol. Au contraire, l’ouverture de la canopée et la proportion de surface terrière de chêne dans le peuplement alentour étaient toutes deux positivement corrélées avec les densités de pontes et d’œufs. Nous émettons l’hypothèse qu’une couche arbustive dense crée une barrière physique pour les femelles. D’autre part, une canopée ouverte pourrait améliorer les conditions pour les larves dans le sol, tout comme une proportion élevée de chênes dans la zone environnante peut fournir une bonne source de nourriture pour les larves et les adultes.

Références à télécharger/consulter

0iconweb 2. Cours J. (2020). Écologie de l’insecte - Mieux comprendre la niche du hanneton forestier : une étude ONF en 2018 dans les Vosges de Nord. Rendez-vous Techniques ONF 65‑66 : 32‑37.

0iconweb 3. Cours J., Nageleisen L.-M., Touffait R. (2019). Gestion forestière intégrée des insectes ravageurs : exemple par l’étude de la niche écologique du hanneton forestier (Melolontha hippocastani Fabr. 1801). Revue Forestière Française 71(6) : 553‑567.

0iconweb 5. Jactel H., Castagneyrol B. (2018). Effet de la diversité des forêts sur leur résistance aux insectes ravageurs natifs et exotiques (Résumé). Revue Forestière Française 70(6) : 639.

0iconweb 7. Nageleisen L.-M., Bélouard T., Meyer J. (2015). Le hanneton forestier (Melolontha hippocastani Fabr. 1801) en phase épidémique dans le nord de l’Alsace. Revue Forestiere Francaise 67(4) : 353‑366.

0iconweb 8. Nageleisen L.-M., Cours J. (2020). Biologie des hannetons : bilan des connaissances. Rendez-vous Techniques ONF 65‑66 : 13‑17.

 

Le traitement thermique des essences feuillues indigènes. Effet sur les propriétés technologiques du bois

Caroline Pollet, Cécile Verheyen, Benoit Jourez

Le traitement thermique offre aux essences de bois indigènes peu durables naturellement de nouvelles possibilités de valorisation. En Europe, il représente une alternative prometteuse à l’utilisation de bois naturellement durables, essentiellement tropicaux, et surtout aux traitements chimiques. Il n’y a cependant pas de traitement thermique universel, il est donc important de quantifier l’effet de ces traitements thermiques sur les propriétés physico-mécaniques et de durabilité fongique des bois. Une partie des résultats d’études réalisées par le Laboratoire de Technologie du Bois du CRA-W et par l’ULiège GxABT sur quatre essences de feuillus indigènes (chêne, frêne, hêtre, bouleau) traitées thermiquement est présentée dans cet article.

 

Portfolio. Saisons de cerfs

Séverin Pierret

 

Parutions

0iconweb Santé des forêts. Analyse des principales données sanitaires. L’IF n° 47, 12 p.

0iconweb European Forests for biodiversity, climate change mitigation and adaptation. Science for Environment Policy, UWE Bristol, European Commission DG Environment, 100 p.

 

 

 

La revue FORÊT.NATURE est réalisée avec le soutien du Plan quinquennal de recherches et vulgarisation forestières.

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